Les sources proches de Baabda ont insisté hier sur la gravité de la situation actuelle, notamment après l’attaque contre la Finul. Selon ces sources, le président de la République aurait appelé une nouvelle fois les Libanais à chercher rapidement une solution à la crise actuelle, car de graves dangers menacent le Liban, surtout si la situation actuelle se prolonge et où l’armée qui représente le symbole de l’unité nationale est soumise à de terribles pressions. De même, les sources proches de Baabda affirment que le chef de l’État considère l’agression contre la Finul comme une attaque contre le Liban, son indépendance et sa stabilité. Selon lui, cette attaque s’inscrirait dans le même plan que celui qui vise à attaquer l’armée. Indépendamment de l’échange d’accusations, le président considère que l’attaque contre la Finul est un indicateur dangereux, car cette force est une force de paix. Il ne s’agit nullement d’une force d’occupation. Elle s’est déployée au Sud à la demande de l’État libanais et la communauté internationale a accueilli favorablement cette demande. Selon le président, la Finul ne peut être comparée aux troupes américaines en Irak. Par ailleurs, le président Lahoud souhaiterait que les forces en présence prennent au sérieux son appel à la vigilance et réagissent vite pour épargner aux pays de nouvelles épreuves.
Dans ce cadre, l’ancien ministre Wadih el-Khazen a affirmé hier que le chef de l’État ne restera pas les bras croisés en attendant l’échéance présidentielle. Selon M. Khazen, Lahoud pourrait bien procéder à la formation d’un gouvernement d’exception, indépendant de toutes les parties en présence, et ce gouvernement serait chargé d’organiser l’élection présidentielle. Cette solution serait, selon M. Khazen, un pis-aller, faute de pouvoir former un gouvernement d’union nationale que le président appelle depuis des mois.
Les condoléances de Lahoud
Il convient enfin de noter que le chef de l’État a adressé hier des messages de condoléances au roi d’Espagne, Juan Carlos, et au Premier ministre, José Luis Zapatero.
Dans son message au roi Juan Carlos, le général Lahoud a indiqué que « cet acte criminel a pour but de porter atteinte à la sécurité du Liban et du Moyen-Orient. Le Liban n’oubliera pas qu’il n’est pas seul. Je suis sûr que votre pays restera à nos côtés ».
Dans sa missive à M. Zapatero, le chef de l’État a rappelé que « les soldats espagnols sont tombés pour la paix » et que « le Liban condamne toutes les formes de terrorisme ».
Le chef de l’État a également délégué le chef du protocole au palais de Baabda, l’ambassadeur Maroun Haïmari, auprès de l’ambassadeur d’Espagne au Liban, Miguel Benoza Perea, pour présenter ses condoléances.
Le président Lahoud a enfin envoyé un message de condoléances au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
Par ailleurs, le chef de l’État a reçu l’évêque maronite Boulos Sayah, vicaire patriarcal pour Jérusalem, la Palestine et la Jordanie, avec qui il s’est entretenu de la situation des Libanais ayant fui la bande frontalière pour Israël en mai 2000. « Ces Libanais tiennent toujours à leur nationalité. Ils veulent rentrer au pays tout en préservant leur dignité », a dit Mgr Sayah.
Le chef de l’État a aussi reçu une délégation estudiantine de l’Université américaine de Beyrouth et de l’Université arabe.
Il a enfin envoyé un message de félicitations à l’émir du Qatar, Mohammad ben Khalifa al-Thani, qui célèbre l’anniversaire de son accession au pouvoir.
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