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Actualités - Opinion

Perspective Pour lever toute équivoque Michel TOUMA

Trois mois, jour pour jour, nous séparent du coup d’envoi officiel de l’échéance présidentielle. C’est en effet entre le 25 septembre et le 25 novembre que doit être élu le nouveau président de la République. À mesure que l’on s’approche du jour « J », les manœuvres, les tiraillements, les polémiques, les campagnes médiatiques, la tension politique à grande échelle iront crescendo. De même d’ailleurs que la véritable guerre menée contre le Liban souverain, comme le démontrent aussi bien les affrontements au Liban-Nord que l’attentat d’hier contre une unité espagnole de la Finul à Khiam ou encore l’assassinat de Walid Eido et les attentats terroristes dans diverses régions et zones névralgiques. C’est dans ce climat fiévreux qu’a été relancé le débat autour de l’opportunité de la formation d’un gouvernement dit « d’union nationale ». Un débat qui mérite réflexion, aujourd’hui plus que jamais, d’autant qu’il intervient à la faveur des efforts de médiation déployés à plus d’un niveau. Il est déplorable de constater que, dans le contexte présent, le slogan de « gouvernement d’union nationale » a été malencontreusement lié intimement au principe du tiers de blocage, de sorte que gouvernement d’union est devenu synonyme de tiers de blocage réclamé par la coalition du 8 Mars, en l’occurrence par l’axe Hezbollah-Amal-Courant patriotique libre. Tout le problème – le « blocage », précisément – réside à ce niveau-là. Et à cet égard, une série de questions fondamentales s’imposent avec acuité, plus particulièrement à l’adresse du CPL et du général Michel Aoun, en raison de l’anomalie de leur positionnement politique actuel et de la vive controverse qu’elle suscite. La logique des choses voudrait en effet que si cet axe tripartite revendique avec autant d’acharnement, et depuis plusieurs mois, le tiers de blocage au sein du gouvernement, c’est qu’il le fait sur base d’un accord ou d’une entente politique liant ces trois formations et leurs alliés. Est-ce vraiment le cas, et si oui, quels en sont les termes ? Cette question se justifie par le fait que certains hauts responsables du CPL affirment (mais dans des cercles fermés) qu’aucun « deal » du genre n’existe entre le courant aouniste et le parti chiite et que, si un gouvernement d’union est formé, il n’est pas dit que les ministres du CPL voteront toujours et nécessairement dans le même sens que le Hezbollah. Il serait irréaliste toutefois de ne pas admettre sur ce plan que la polémique entretenue au sujet du problème du tiers de blocage est due en grande partie à la dissonance qui marque depuis près d’un an le discours politique et les prises de position publiques du général Aoun. Il pourrait être constructif dans ce cadre, dans le but bien précis de ne plus diaboliser le slogan de gouvernement d’union, que le CPL publie solennellement et à grand renfort de tapage médiatique un manifeste, une feuille de route, définissant sans détour son attitude à l’égard des grands dossiers qui sont à la base des profondes appréhensions manifestées par une large fraction de l’opinion publique libanaise… Des appréhensions on ne peut plus légitimes et que le CPL ne saurait négliger ou occulter, car elles sont amplement justifiées par la guerre totale déclarée par l’axe irano-syrien contre le Liban souverain, d’une part, et par le flou qui entoure le projet politique et les véritables desseins et calculs régionaux du Hezbollah, d’autre part. Cette feuille de route requise aurait pour avantage de lever définitivement toute équivoque sur la position du CPL, et donc sur l’attitude qu’il adopterait après son entrée dans un gouvernement d’union, au sujet des points fondamentaux suivants : le nécessaire engagement du pouvoir central à mettre en application fermement la résolution 1701 du Conseil de sécurité ainsi que toutes les autres résolutions de l’ONU sur le Liban ; la concrétisation du plan en sept points soumis par Fouad Siniora à la conférence internationale de Rome qui s’était tenue à la suite de la guerre de juillet (et qui prévoit, notamment, la réactivation de l’accord d’armistice de 1949 conclu avec Israël) ; le monopole de l’usage de la force par les institutions légales ; l’engagement clair à éviter tout écueil dans la mise en place du tribunal international (par le biais de la nomination des juges libanais, du financement du tribunal ou d’une révision des statuts) ; la prééminence du gouvernement dans toute décision de guerre ou de confrontation avec Israël ; la préservation des acquis souverainistes de la révolution du Cèdre ; la neutralité totale du Liban vis-à-vis des axes régionaux et dans tout bras de fer avec la communauté internationale ou une quelconque puissance occidentale ; la sauvegarde de l’équilibre communautaire tel que prévu par l’accord de Taëf ; l’application des résolutions de la conférence de dialogue sur les rapports avec la Syrie et l’armement palestinien. Cette déclaration de principes rendrait automatiquement caduque, ou tout au moins atténuerait considérablement, la controverse fiévreuse sur le tiers de blocage. Le CPL a signé un « document d’entente » avec le Hezbollah dans l’optique de jeter les bases d’une compréhension et d’une coopération avec le principal parti chiite. Conformément à cette même logique, et surtout parce que la guerre contre le Liban bat son plein, il serait tout aussi constructif, à la veille de l’échéance présidentielle et de la formation d’un nouveau gouvernement, qu’un pas similaire – sous la forme d’une feuille de route unilatérale – soit effectué par le CPL en direction de toutes les autres fractions politiques et, d’une manière plus générale, en direction de tous les autres Libanais afin d’apaiser leurs appréhensions et de répondre aux nombreux points d’interrogation nés d’un trop long flirt avec des parties dont les liens organiques, doctrinaux et stratégiques avec des puissances régionales, l’axe syro-iranien, n’ont pas besoin d’être démontrés. Le CPL a toujours cherché à se poser en force de changement. Soit… Mais il ne peut le faire en s’associant, ne fut-ce qu’indirectement et par omission, à la guerre ouverte menée par ces parties – et, plus grave encore, par ces mêmes forces régionales – contre un très large éventail de courants politiques et de forces vives représentant, qu’on le veuille ou non, les réelles aspirations souverainistes de l’écrasante majorité des Libanais.
Trois mois, jour pour jour, nous séparent du coup d’envoi officiel de l’échéance présidentielle. C’est en effet entre le 25 septembre et le 25 novembre que doit être élu le nouveau président de la République. À mesure que l’on s’approche du jour « J », les manœuvres, les tiraillements, les polémiques, les campagnes médiatiques, la tension politique à grande échelle iront crescendo. De même d’ailleurs que la véritable guerre menée contre le Liban souverain, comme le démontrent aussi bien les affrontements au Liban-Nord que l’attentat d’hier contre une unité espagnole de la Finul à Khiam ou encore l’assassinat de Walid Eido et les attentats terroristes dans diverses régions et zones névralgiques. C’est dans ce climat fiévreux qu’a été relancé le débat autour de l’opportunité de la...