Deux présidents, deux gouvernements… Diable ! À chaque fois qu’une petite distraction nous est miroitée, il faut que des rabat-joie s’en viennent nous la siphonner, au prétexte que la bananeraie locale ne peut survivre sans entente nationale. Ils n’ont pas encore compris, les cuistres, que les disputes et les insultes, entrecoupées de bouffées d’espoir imbécile sur fond de crime et de frime, constituent le sel de cette république de poche.
Les comiques troupiers de la semaine ont cette fois débarqué en bande, menés par l’inénarrable Amr Moussa, dont le prestige, au fil des missions, est devenu aussi terne qu’un bandage herniaire usagé. Surprise : le Mousseux de la Ligue a largué son porte-serviette soudanais et enrichi ses bagages de trois autres diplomates des sables représentant des pays éminemment qualifiés pour nous chanter les vertus du dialogue démocratique : une monarchie de droit divin, un émirat de droit pétrolier et une république calcifiée par les mandats présidentiels à rallonge.
Mais visiblement, cette fois y a eu maldonne. Moussa et ses pendentifs, que la dernière réunion des ministres arabes du Dehors avait expressément chargés de torcher un rapport sur la situation à la frontière frérot-libanaise, ont préféré poursuivre leurs mondanités auprès des patagons locaux. Le café y est bon, et l’on y mouline si bien une langue en bois de chêne massif. Entre le Barbichu barricadé dans son palais sous les dattiers, le Victorieux divin enterré dans son quadrilatère barbu, Mongénéral taillant ses rosiers à Rabieh, le Tondu perché à Bzoummar et Istiz Nabeuh qui ne bouge plus de sa cuisine à Aïn el-Tiné depuis qu’il a caché la clé du Parlement dans le frigo, cela permettait aussi aux pieds nickelés de la Ligue de fignoler des amours de petites notes en frais de déplacement. Bande de pique-assiette, va !
Pour ce qui est de la passoire frontalière, ils y pourvoiront un jour lointain, quand l’Assadie voisine, à court d’islamistes, aura fini de nous envoyer ses droits communs. Chapeau, Moumousse ! Sa mission était censée faire des vagues, elle n’a provoqué qu’un clapotis.
Gaby NASR
Deux présidents, deux gouvernements… Diable ! À chaque fois qu’une petite distraction nous est miroitée, il faut que des rabat-joie s’en viennent nous la siphonner, au prétexte que la bananeraie locale ne peut survivre sans entente nationale. Ils n’ont pas encore compris, les cuistres, que les disputes et les insultes, entrecoupées de bouffées d’espoir imbécile sur fond de crime et de frime, constituent le sel de cette république de poche.
Les comiques troupiers de la semaine ont cette fois débarqué en bande, menés par l’inénarrable Amr Moussa, dont le prestige, au fil des missions, est devenu aussi terne qu’un bandage herniaire usagé. Surprise : le Mousseux de la Ligue a largué son porte-serviette soudanais et enrichi ses bagages de trois autres diplomates des sables représentant des pays éminemment...
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