La personnalité du coureur cycliste américain Floyd Landis a été au cœur de la huitième journée de son procès devant la Cour d’arbitrage américaine (AAA), lors de laquelle les avocats de l’Agence américaine antidopage (Usada) l’ont confronté à ses contradictions.
Le vainqueur de l’édition 2006 du Tour de France, qui se bat pour conserver son titre après avoir été contrôlé positif à l’issue de la 17e étape, a été interrogé sur les raisons pour lesquelles il a attendu avant de renvoyer son agent Will Geoghegan, qui a menacé mercredi dernier au téléphone l’ancien champion Greg Lemond pour le dissuader de témoigner le lendemain.
Les avocats de l’Usada lui ont également demandé de s’expliquer sur un message qu’il a mis en ligne sur Internet en novembre dans lequel il menaçait de révéler des informations embarrassantes sur son compatriote Greg Lemond, triple vainqueur du Tour de France.
« Avec le recul, nous aurions probablement dû le renvoyer immédiatement », a expliqué Landis, qui a basé une grande partie de sa défense sur sa personnalité.
Lemond a créé la stupeur lors de son audition devant la Cour d’arbitrage en révélant qu’il avait subi des sévices sexuels pendant son enfance et que le camp Landis s’était servi de cette information pour tenter de l’empêcher de témoigner. Le renvoi de l’agent de Landis a été annoncé peu après.
Landis, qui a affirmé ne pas avoir eu connaissance du coup de téléphone passé à Lemond par son agent alors qu’il se trouvait dans la même pièce, a dit être écœuré par les menaces proférées par Geoghegan.
L’un des avocats de l’Usada lui a alors demandé pourquoi il avait menacé sur Internet de révéler des informations sur Lemond, trois mois après avoir eu avec lui une conversation au téléphone lors de laquelle Lemond lui avait révélé les abus dont il avait été victime.
Landis malmené
« Il exprimait son opinion personnelle sur le fait que tous ceux qui ont gagné le Tour de France après lui étaient dopés », a expliqué Landis. « Ce message n’avait rien à voir avec le fait qu’il a subi des violences sexuelles, c’était un message qui lui était destiné pour lui demander d’arrêter », a-t-il ajouté.
Le document mis en ligne par Landis sur Internet disait ceci : « Les informations qu’il m’a divulguées (...) pourraient porter gravement atteinte à sa personne et je ne veux pas reproduire ce qui m’a été infligé. Toutefois, s’il ouvre sa bouche une fois encore et que le mot Landis en sort, je vous dirai à tous ce que ce que vous auriez préféré ne pas savoir ».
Après avoir été malmené par les avocats de L’Usada, le coureur américain a retrouvé le sourire avec l’audition du Britannique Simon Davis qui a mis en doute la fiabilité du laboratoire national du dopage de Châtenay-Malabry (LNDD).
Il faisait partie des observateurs qui ont assisté au réexamen des échantillons d’urine de Landis en avril dans le laboratoire français.
« Je pense qu’ils ne sont absolument pas fiables », a dit Davis, qui est un expert des machines utilisées pour analyser les ratios des isotopes de carbone.
« De toute évidence ils ne comprenaient pas le fonctionnement de l’instrument », a déclaré Davis, selon lequel les techniciens du laboratoire ne maîtrisaient pas le fonctionnement d’un des logiciels qu’ils utilisaient.
À l’issue des neufs jours d’audition, les trois juges de la Cour d’arbitrage détermineront si Landis a eu recours ou non à la testostérone.
Passible d’une suspension de deux ans, il pourrait également devenir le premier vainqueur du Tour déchu de son titre. Le coureur, âgé de 31 ans, pourra toutefois saisir le Tribunal arbitral du sport.
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