Le maintien de l’Américain Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale semblait hier plus que jamais compromis, le comité d’éthique s’étant prononcé « sans ambiguïté » contre le président de l’institution multilatérale accusé de népotisme. « Le comité a conclu sans ambiguïté que M. Wolfowitz n’a pas respecté les règles », a appris hier l’AFP de source européenne.
L’ancien numéro deux du Pentagone est accusé d’avoir demandé personnellement que sa compagne, Shaha Riza, employée au service communication de l’institution, soit augmentée de façon substantielle.
Le conseil d’administration, chargé par les 185 pays membres de la Banque de trouver une issue à ce scandale qui dure depuis près d’un mois, a chargé un petit nombre d’administrateurs d’examiner dans les détails ces accusations. Ils ont fini leurs travaux en fin de semaine dernière et transmis leurs conclusions à l’intéressé.
Pour sa défense, M. Wolfowitz répète qu’il a agi dans la plus grande transparence vis-à-vis du conseil d’administration et dénonce une « campagne calomnieuse » destinée à l’évincer de la présidence de la banque pour des raisons politiques.
Cette affaire, qui a fait une première victime lundi avec la démission de l’un des plus proches conseillers de M. Wolfowitz, Kevin Kellems, divise les 24 membres du conseil d’administration. Ancien journaliste, Kevin Kellems avait été nommé par M. Wolfowitz dès que ce dernier était arrivé à la tête de l’institution multilatérale, en juin 2005.
Si plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la Norvège, la France et la Grande-Bretagne souhaitent le départ de M. Wolfowitz, les États-Unis, qui l’ont désigné pour ce poste, le soutiennent. Hier, le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos a estimé que le rapport du comité d’éthique augmentait la pression sur Paul Wolfowitz pour qu’il démissionne. « C’est impossible pour la Banque mondiale d’aller parler partout de la bonne gouvernance sans qu’il y ait une bonne gouvernance à l’intérieur de la banque », a par ailleurs jugé le ministre belge Didier Reynders.
De son côté, la Maison-Blanche a renouvelé son soutien à l’ancien faucon de l’Administration Bush, tout en prenant pour la première fois ses distances. « C’est vraiment à la Banque mondiale que ces discussions se tiennent. Le président n’est pas directement, personnellement impliqué à ma connaissance », a dit le porte-parole de la présidence américaine Tony Snow. La Maison-Blanche affirmait jusqu’alors « l’entière confiance » de M. Bush en M. Wolfowitz, un des concepteurs néoconservateurs de la doctrine ayant conduit à l’invasion de l’Irak.
Au département d’État, on regrettait mardi que l’affaire Wolfowitz focalise l’attention au détriment de la « mission principale » de la banque. « La question du développement et de la pauvreté dans le monde est si importante que des procédures internes à la Banque mondiale ne devraient pas nous en distraire », a souligné le porte-parole du département d’État, Sean McCormack.
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L’ancien numéro deux du Pentagone est accusé d’avoir demandé personnellement que sa compagne, Shaha Riza, employée au service communication de l’institution, soit augmentée de façon substantielle.
Le conseil d’administration, chargé par les 185 pays membres de la Banque de trouver une issue à ce scandale qui dure depuis près d’un mois, a chargé un petit nombre d’administrateurs d’examiner dans les détails ces...