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Actualités - Opinion

Paramètres indigènes

Théorème validé : « Donnez au Libanais le concept politique le plus pur, il vous le salope en deux ou trois tours de cuiller à pot. » Lassés de voir leurs chefs leur pomper l’air sinon les ondes en moulinant la même purée, au milieu d’un cercle vicelard dont ils cherchent en vain à forcer la quadrature, les gens croient échapper à cet échantillon géométrique raté en donnant un avis définitif sur l’élection présidentielle… en France. Pas moins ! Infoutus de s’entendre sur un successeur au Prolongé de Baabda, englués dans leurs pinaillages autour du quorum nécessaire ou du mode de scrutin pour le choix du prochain cobaye présidentiel, les Libanais de salon affûtent en revanche leurs neurones et s’emmêlent les pronostics pour proclamer d’ores et déjà sur tous les fenestrons qui de Sarko ou de Ségo enfourchera le coq gaulois pour les cinq prochaines années. Le relever n’est pas une première : le Koullouna de base a un solide penchant pour les certitudes préfabriquées. Le débat d’idées, le choc des programmes, ce n’est pas son genre de beauté. Ici, d’emblée, faut avant tout qu’il palpite pour le candidat. La culture politique locale lui a appris à crier d’abord « Par notre âme, notre sang et naninanère… », et d’inventer bien plus tard l’argumentaire qui va avec. Alors, pour la course à l’Élysée, il fera pareil mais en français… tout en feignant d’oublier qu’on ne lui a rien demandé. Convaincu que la planète entière tourne autour de son nombril, le croûton du cru aimera donc ou détestera le futur locataire du 55 rue du faubourg Saint-Honoré, suivant des paramètres purement indigènes : les quatorze-martiens frissonnent pour Nicolas Sarkozy, parce que, disent-ils, il a tété le biberon politique de Jacques Chirac, lequel a fait sauter sur ses genoux Saad Hariri avant qu’il ne soit barbichu ; il n’en faut pas plus pour qu’une poignée de partisans de l’Amer Michel frétillent pour Ségolène Royal, après avoir un temps mouillé pour François Bayrou ; quant au Hezbollah, il est psychiquement déchiré entre un candidat au patronyme qui à ses yeux « sonne juif » et sa répugnance à voir « un jupon » – qui plus est n’est pas une femme à barbe – accéder à la tête d’une grande puissance. Plutôt mourir ! En attendant dimanche, tout le monde peut déjà mourir de rire. Gaby NASR
Théorème validé : « Donnez au Libanais le concept politique le plus pur, il vous le salope en deux ou trois tours de cuiller à pot. » Lassés de voir leurs chefs leur pomper l’air sinon les ondes en moulinant la même purée, au milieu d’un cercle vicelard dont ils cherchent en vain à forcer la quadrature, les gens croient échapper à cet échantillon géométrique raté en donnant un avis définitif sur l’élection présidentielle… en France. Pas moins !
Infoutus de s’entendre sur un successeur au Prolongé de Baabda, englués dans leurs pinaillages autour du quorum nécessaire ou du mode de scrutin pour le choix du prochain cobaye présidentiel, les Libanais de salon affûtent en revanche leurs neurones et s’emmêlent les pronostics pour proclamer d’ores et déjà sur tous les fenestrons qui de Sarko ou de Ségo...