Le 1er mai, le président vénézuélien Hugo Chavez devrait faire occuper par l’armée les gigantesques gisements pétroliers de la Ceinture de l’Orénoque (Est), dans le cadre de sa politique de nationalisation des secteurs économiques stratégiques du pays.
Le déploiement des militaires sera pacifique et a surtout une valeur symbolique, M. Chavez, réélu en décembre, souhaitant montrer à son électorat qu’il a la haute main sur le pétrole. Dans la réalité, le gouvernement a signé cette semaine un accord de principe avec les multinationales étrangères qui exploitaient ces gisements pour qu’elles cèdent la majorité du capital de leurs filiales locales au groupe public PDVSA.
Depuis sa réélection triomphale, le chef de file de la gauche radicale latino-américaine a lancé un vaste plan de nationalisation qui a touché les télécommunications, l’électricité et englobe aussi les occupations de terres aux profits de paysans pauvres, le contrôle des abattoirs et l’instauration d’un système de sécurité sociale national.
Les multinationales ont deux mois jusqu’au 1er juillet pour définir les conditions de leur présence au sein des ex- « associations stratégiques » de la Ceinture de l’Orénoque transformées en « sociétés mixtes » dont PDVSA devra posséder au moins 60 %. M. Chavez a indiqué qu’elles seront indemnisées pour la cession des actions correspondantes sur la base de leur valeur comptable et non pas de la valorisation du marché.
M. Chavez a entrepris de faire certifier les réserves de l’Orénoque et pense pouvoir prouver en 2008 l’existence de 270 milliards de barils de pétrole exploitable dans les conditions actuelles, ce qui propulserait son pays au premier rang devant l’actuel leader mondial : l’Arabie saoudite.
Toutefois, les experts font remarquer que le pétrole de l’Orénoque est non conventionnel, très visqueux et à fort contenu de soufre, donc difficile à exploiter et commercialiser, ce qui rend nécessaire son préraffinage.
Les quatre « associations stratégiques » effectuent justement ce processus dans des « upgraders » (améliorateurs) implantés sur le complexe de José, face à la mer des Caraïbes et produisent quotidiennement 600 000 barils de brut.
Six des sept multinationales américaines et européennes contrôlant ces sociétés ont signé l’accord de principe avec le gouvernement, sauf l’Américaine Conoco Philips qui possède 40 % de l’association stratégique Ameriven (dont un autre Américain Chevron détient 30 % et PDVSA 30 %) et 50,1 % de Petrozuata (détenue aussi pour 49,9 % par PDVSA).
Les deux autres associations stratégiques sont Sincor, contrôlée à 47 % par le Français Total (le Norvégien Statoil possède 15 % et PDVSA, 38 %) et Cerro Negro (Exxon-Mobil 41,6 %, British Petroleum, 16,7 % et PDVSA 41,6 %).
Pour le gouvernement vénézuélien, l’Orénoque est une zone stratégique puisqu’elle est extrêmement riche en pétrole, mais nécessite des technologies et du savoir-faire des groupes étrangers pour l’exploiter, selon des experts du dossier.
Le Venezuela, seul membre latino-américain de l’OPEP, est le cinquième exportateur mondial de brut. Sa production actuelle est de 3,09 millions de barils par jour, en dessous des objectifs fixés à 3,3 millions, dont la moitié sont exportés aux États-Unis où ils sont distribués par une filiale de PDVSA.
En 2006, l’Orénoque a fêté le 70e anniversaire du forage du premier puits dans cette zone qui allait déjà se tarir en 1938. La Ceinture de l’Orénoque est la seule source importante de pétrole de remplacement pour les puits vénézuéliens situés surtout dans la zone de Maracaibo, dont la production décline inéluctablement.
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Le déploiement des militaires sera pacifique et a surtout une valeur symbolique, M. Chavez, réélu en décembre, souhaitant montrer à son électorat qu’il a la haute main sur le pétrole. Dans la réalité, le gouvernement a signé cette semaine un accord de principe avec les multinationales étrangères qui exploitaient ces gisements pour qu’elles cèdent la majorité du capital de leurs filiales locales au groupe public PDVSA.
Depuis sa réélection triomphale, le chef de file de la gauche radicale latino-américaine a lancé un vaste plan de nationalisation qui a...