Au rythme des expériences qui se suivent, il serait peut-être bon d’élever le Liban à la dignité de « laboratoire de diplomatie appliquée ». Les premiers à se casser les dents, on s’en souvient, étaient le Ramsès mousseux Amr Moussa et son sous-fifre nubien Moustapha Osmane. Les deux comiques troupiers avaient mis deux bons mois pour piger la trilogie éternelle du Politicus libani : d’abord un menteur parce qu’il pense que c’est un signe d’intelligence ; ensuite un voleur parce qu’il estime que c’est une preuve de savoir-faire ; enfin un assassin, parfois, quand il en a l’occasion et les moyens.
Cette fois-ci, on a droit à deux laborantins moins bronzés : un Russe tondu venu en droite ligne du paradis à Poutine, et un Suisse bon teint, tout à fait neutre et pasteurisé. Comme d’habitude, il a fallu attendre qu’eux aussi apprennent par cœur les fondements de « l’exception libanaise », avant de repartir Gros-Jean comme devant.
Mettez-vous quand même à leur place, les pauvres. Passer des journées entières à faire de la psychiatrie accélérée au milieu d’un bazar qui a tourné à la foire d’empoigne ! Les deux hommes avaient vraiment du temps à perdre. Mais nécessité fait loi, d’autant plus que le parcours des deux combattants a été balisé d’avance : rencontre enrichissante avec Istiz Nabeuh, qui s’est recyclé en preneur d’otages parlementaire ; réunion soporifique avec Rictus oblicus, qui leur a vendu le chapitre VII avant même que d’avoir lu les six premiers ; puis entretien hilarant avec Electro-Fneich, qui leur a expliqué comment son patron envoie des barbus au casse-pipe tout en restant peinard à 30 pieds sous terre ; ensuite visite décalée chez le Moukhtariote, qui décidément ne croit plus aux lendemains chantants socialistes et a définitivement zappé sur une autre chorale ; enfin rendez-vous au garde-à-vous avec Mongénéral-de-Rabieh qui, prenant toujours les Libanais pour des Scandinaves, a récité d’un trait les violations constitutionnelles kilométriques du gouvernement.
Fin de la tournée. Le tondu slave et le neutron helvétique sont groggy. L’un a échoué et l’autre n’a pas réussi. Rebelote la semaine prochaine, mais à Damas cette fois, pour une nouvelle expérience entre un patron de l’ONU asiatique amidonné et un ophtalmo arabe à la myopie avancée.
Gaby NASR
Au rythme des expériences qui se suivent, il serait peut-être bon d’élever le Liban à la dignité de « laboratoire de diplomatie appliquée ». Les premiers à se casser les dents, on s’en souvient, étaient le Ramsès mousseux Amr Moussa et son sous-fifre nubien Moustapha Osmane. Les deux comiques troupiers avaient mis deux bons mois pour piger la trilogie éternelle du Politicus libani : d’abord un menteur parce qu’il pense que c’est un signe d’intelligence ; ensuite un voleur parce qu’il estime que c’est une preuve de savoir-faire ; enfin un assassin, parfois, quand il en a l’occasion et les moyens.
Cette fois-ci, on a droit à deux laborantins moins bronzés : un Russe tondu venu en droite ligne du paradis à Poutine, et un Suisse bon teint, tout à fait neutre et pasteurisé. Comme d’habitude, il a fallu...
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