Un député iranien a déclaré hier que Téhéran était prêt à des pourparlers avec la présidente démocrate de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi, qui vient de conclure une visite controversée en Syrie, pays allié de l’Iran. « Nous sommes prêts à des pourparlers avec la présidente de la Chambre américaine Nancy Pelosi », a dit Mohammad Nabi Rudaki, vice-président de la puissante commission de la Sécurité nationale au Parlement, dominée par les conservateurs, a indiqué l’agence semi-officielle iranienne Fars. « Des discussions parlementaires permettraient de discuter de problèmes bilatéraux et rapprocher les nations iranienne, européennes et américaine. Elles pourraient également examiner les questions liées au (programme) nucléaire pacifique de l’Iran », a affirmé Mohammad Nabi Rudaki. Il a néanmoins ajouté que « cette volonté ne signifie pas une reprise des liens politiques avec le gouvernement américain occupant et brutal ». Les relations entre Washington et Téhéran sont rompues depuis 1980. La porte-parole de Mme Pelosi a affirmé mercredi que la présidente de la Chambre des représentants ne prévoyait pas de se rendre en Iran. Tom Lantos, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, avait auparavant affirmé qu’il envisageait un voyage en Iran au nom de la nécessité du « dialogue ». « En ce qui me concerne, je suis prêt à partir, et connaissant (Mme Pelosi), elle pourrait l’être aussi », avait-il ajouté.
Blix écarte la possibilité
d’une attaque américaine
Le président de la Commission internationale sur les armes de destruction massive (ADM), Hans Blix, a écarté hier la possibilité d’une attaque américaine contre l’Iran tout en appelant à sortir de la « tension » que traverse actuellement cette région du monde. « Je ne crois pas personnellement que les États-Unis attaqueront l’Iran, principalement parce que les Américains sont fatigués des aventures militaires », a déclaré M. Blix, qui présentait à Madrid un rapport sur les armes de destruction massive. Le responsable suédois a reconnu des similitudes entre la période précédant la guerre avec l’Irak en 2003 et la tension actuelle avec l’Iran, mais aussi de « grandes différences » entre les deux cas. « L’Irak en 2002 était à genoux, on a fait plus de 700 inspections » tandis que l’Iran représente une puissance régionale, un pays d’une « grande capacité », a-t-il déclaré. M. Blix qui avait été nommé à la tête des inspecteurs de l’ONU en 2002 pour vérifier la présence d’armes de destruction massive en Irak était entré en confrontation avec l’Administration américaine. Il a accusé en 2004 les gouvernements britannique et américain d’avoir exagéré la menace d’armes de destruction massive en Irak pour renforcer leur argumentaire en faveur d’une guerre contre le régime de Saddam Hussein.
Le chercheur français, rentré à Paris,
déclare avoir été bien traité
Le chercheur français Stéphane Dudoignon, qui était retenu contre son gré depuis fin janvier en Iran, est arrivé hier à l’aéroport d’Orly, où il a déclaré à la presse avoir été retenu dans « d’excellentes conditions ». M. Dudoignon, visiblement en forme, est revenu sur les conditions de ce qu’il appelle une « assignation à résidence ». « Je n’étais pas au bagne. Ce séjour s’est déroulé, grâce au soutien de mes proches, de ma famille iranienne et de l’ambassade de France, dans d’excellentes conditions, si ce n’est sur le plan nerveux et psychologique », a-t-il assuré. « J’étais plus ou moins assigné à résidence, je n’avais pas le droit de déménager de la résidence de ma belle famille où j’étais. Je ne suis pas sorti de Téhéran », a ajouté le chercheur dont la belle-famille est iranienne. Spécialiste de l’islam contemporain en Asie centrale et s’intéressant à la minorité sunnite en Iran, il avait été appréhendé le 30 janvier alors qu’il photographiait une procession religieuse dans la province sensible du Sistan-Baloutchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l’Afghanistan. Le chercheur est revenu sur les raisons de ce qu’il appelle une « interpellation » et non une « arrestation ». « J’ai été soupçonné par la simple police locale d’une localité de l’océan Indien d’avoir filmé dans une zone sensible où se trouve – je l’ai appris sur place – un aéroport souterrain de la République islamique », a-t-il affirmé. M. Dudoignon a en outre annoncé à la presse qu’il allait retourner en Iran « bientôt ». « Il ne devrait pas y avoir d’obstacle pour que j’obtienne un nouveau visa », a-t-il dit.
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