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Actualités - Opinion

Guignolade perlée

Remboursez ! Près de quatre millions de Libanais, spectateurs du feuilleton « Ôte-toi de là que je mette ma barbe », sont furibards. Pensez ! Le programme annonçait dans le désordre : un blocus du Sérail pour y affamer les résidents, Fouad Siniora et ses ministres en caleçon s’égayant dans les cages d’escalier du bâtiment, un camp de vacances débridé dans le centre-ville, l’aéroport Rafic Hariri fermé avec le cigare volant de son fils faisant des ronds dans le ciel… Depuis le 1er décembre dernier, les metteurs en scène multipliaient les effets spéciaux en promettant un chien de leur chienne à ce gouvernement qui, décidément, refuse de parler persan. Et le meilleur était à venir : un cabinet transi de transition transitoire ; des législatives anticipées avec une liste unique ; un score sans équivoque de 30 % de « oui », 70 % de fusillés, avec à la clé un programme politique débité en bois de chêne massif, aussi obscur que les écrits talmudiques. Retour sur terre. Le scénario tourne à la guignolade perlée : le camping vacancier a été déserté, hormis quelques narguilés orphelins ; la grève annoncée n’a plus de raison d’être, vu qu’en ces temps de crise, les gens qui travaillent encore, faut vraiment les trouver ; Istiz Nabeuh a avalé la clé du Parlement et refuse obstinément de l’évacuer ; enfin, le Signoret a verrouillé à la fois son rictus oblique et les ministres qui lui restent, et se prépare à mettre le turbo sur la pompe aspirante des impôts. Bref, le gouvernement s’incruste et, sauf imprévisible rebondissement, l’opposition barbue et imberbe n’a pas réussi à accrocher ce prestigieux trophée à son tableau de chasse. Voilà donc la classe politique dans son ensemble condamnée à tourner un minable navet. Chaque quelque temps, on reprend le dialogue par un bout : un coup, c’est l’élargissement du gouvernement, un coup, c’est le tribunal international, un autre, c’est la présidentielle. À chaque fois ça rate, on s’engueule un dernier coup, et on recommence. La persévérance est la noblesse de l’obstination. Et puis parlant de coups, un qui doit bien ricaner parce qu’il a réussi le sien, c’est Émile 1er, qui, même dans ses rêves les plus fous, n’aurait jamais pu imaginer fréquenter aussi longtemps, sous les lambris de son château, Faouzi Salloukh et Wi’am Wahhab. La voilà, la cerise sur ce gâteau gâté : un président à vie dans un pays qui a oublié de vivre. Gaby NASR
Remboursez !
Près de quatre millions de Libanais, spectateurs du feuilleton « Ôte-toi de là que je mette ma barbe », sont furibards. Pensez ! Le programme annonçait dans le désordre : un blocus du Sérail pour y affamer les résidents, Fouad Siniora et ses ministres en caleçon s’égayant dans les cages d’escalier du bâtiment, un camp de vacances débridé dans le centre-ville, l’aéroport Rafic Hariri fermé avec le cigare volant de son fils faisant des ronds dans le ciel…
Depuis le 1er décembre dernier, les metteurs en scène multipliaient les effets spéciaux en promettant un chien de leur chienne à ce gouvernement qui, décidément, refuse de parler persan. Et le meilleur était à venir : un cabinet transi de transition transitoire ; des législatives anticipées avec une liste unique ; un score sans équivoque...