Guidé par ses « vieux », Seedorf, Maldini ou Inzaghi, l’AC Milan a surclassé le Bayern Munich en faisant parler son expérience des grands matches, qui lui sera bien utile contre la jeunesse triomphante de Manchester United en demi-finale de la Ligue des champions.
En une semaine, l’AC Milan est passé du doute à la confiance. Seulement cinquième de son championnat, rejoint dans les dernières secondes à l’aller par le Bayern (2-2), le géant lombard inquiétait ses supporteurs. Puis la victoire remportée samedi sur Empoli (3-1), surprenant rival dans la course à la prochaine C1, et l’effondrement de Palerme (4e) ont ramené l’AC Milan à un point du dernier strapontin pour l’indispensable Ligue des champions.
Le séduisant succès de Munich aura achevé de rassurer les Milanais avant de se frotter à MU, nouveau favori après avoir joué les Néron en passant un 7 à 1 à la Roma. Les Rossoneri ont gagné en équipe et non par la grâce de Kaka, qui avait sorti le Celtic d’un but au bout du temps additionnel (0-0/1-0) en 8e de finale.
Dans l’AllianzArena, on a retrouvé le jeu collectif du Milan, celui qui lui avait fait défaut jusqu’au quart aller, où l’union semblait plus faire la force du Bayern. Les meilleurs vieux des Rossoneri ont alors pu s’exprimer, à commencer par le capitaine Paolo Maldini, 39 ans en juin, qui jouait son 153e match en Coupes d’Europe.
Arbre de Noël
Son âge, ses genoux qui le font souffrir et ses propres allusions laissent penser qu’il pourrait raccrocher en mai, mais le beau Paolo est toujours vaillant. Avec le retour à ses côtés en défense centrale d’Alessandro Nesta, longtemps blessé, il n’a plus à disperser sa concentration pour replacer ses coéquipiers. Mercredi, son génie de l’anticipation, peaufiné par plus de 22 ans de carrière, a encore émerveillé.
L’inusable Filippo Inzaghi, qui ne mettait pas un pied devant l’autre depuis le Mondial, a aussi choisi de renaître de ses cendres ce jour-là. L’entraîneur Carlo Ancelotti avait soutenu son joueur toute la semaine précédant le match retour, comme la presse italienne dans son ensemble, qui assurait que c’était un match pour « Pippo ». Et il a marqué sur sa première action.
Enfin, Seedorf a rayonné contre le Bayern, inscrivant un premier but de classe, où un enchaînement feinte de frappe/petit crochet de quelques centimètres a suffi à effacer trois défenseurs et offrant le second à Inzaghi.
Critiqué cette saison, au point que la presse italienne envisageait une titularisation du Français Yoann Gourcuff, le Néerlandais a sorti son meilleur match au meilleur moment, comme toute son équipe. Son immense expérience de triple vainqueur de la C1 (Ajax 1995, Real 1998, Milan 2003) a parlé.
Seedorf explique, lui, qu’il a joué à son meilleur poste, en soutien de l’attaquant, tâche partagée avec Kaka, dans la formation « en arbre de Noël » de Carlo Ancelotti : quatre défenseurs à la base, puis trois milieux récupérateurs, deux soutiens offensifs et enfin une pointe au sommet du sapin.
Et voilà les gamins de Manchester United, Rooney (21 ans), Cristiano Ronaldo (22 ans) ou Carrick (25 ans), au pied de l’arbre de Noël milanais (24 avril à Old Trafford, 2 mai à San Siro).
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