En raison de la multitude de réactions au discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dimanche dernier, dont celle du Premier ministre, Fouad Siniora, hier, du leader des Forces libanaises, Samir Geagea, et de plusieurs ténors de la majorité, L’Orient-Le Jour publie, à titre de rappel, les principaux points significatifs de cette allocution en raison du fait qu’elle constitue une étape charnière dans la crise politique.
Sayyed Nasrallah avait notamment sonné le glas du dialogue national et réclamé soit un référendum populaire autour des sujets qui sont au cœur de la crise, soit des élections parlementaires anticipées. Accusant la majorité d’exécuter un agenda américain, il a écarté la possibilité d’une guerre civile tout en estimant que la formation d’un gouvernement sur base de la formule 19-11 (19 ministres pour la majorité contre 11 pour l’opposition) est devenue « obsolète ».
Sayyed Nasrallah a reproché à ses détracteurs de « miser constamment sur la fin » du Hezbollah. « Même en 2000, lorqu’on a commencé à parler d’un retrait (israélien), de nombreux articles avaient été écrits pour dire que le repli marquera la fin du Hezbollah qui perdra ainsi sa raison d’être, comme si une terre occupée ici ou là constituait notre raison d’être. »
« L’ardeur de la Résistance a été combattue sous divers prétextes : l’inutilité d’une telle entité, la décision de guerre et de paix ou encore l’État au sein de l’État. Dites ce que vous voulez au sujet de la Résistance. Cela ne mènera à rien. Lorsque vous édifierez un État, demandez-nous alors de cesser d’être un État au sein de l’État. L’État qui permet l’invasion du Liban et l’occupation de sa capitale, qui ne fait rien pour récupérer les terres libanaises occupées, qui ne peut étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire qu’avec l’aide de son ennemi, qui complote contre son peuple, qui ne défend pas sa population durant la guerre de juillet, qui encaisse les fonds déboursés par les pays arabes pour les emmagasiner dans ses caisses en laissant les habitations détruites, n’est pas un État et n’est pas digne d’en être un. »
Et d’ajouter : « La seule solution au dossier de la Résistance réside dans l’édification d’une armée et d’un État fort qui permettraient au peuple de sentir que les forces régulières sont parfaitement capables de faire face à une agression israélienne, à l’instar des combattants de la Résistance durant la guerre de juillet. Nous voulons une armée libanaise, nationale, défendant la terre, les eaux, le ciel et le peuple libanais. À ce moment-là, le dossier de la Résistance sera réglé. Le concept de l’État au sein de l’État vient de Georges Bush parce que c’est de chez lui que les circulaires sont envoyées. »
« Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, la majorité bénéficie d’un appui international inégalé et a entrepris de contrôler les institutions libanaises en application d’un projet qui consiste à jeter le pays dans le giron américain avec tout ce que cela implique comme hostilités à l’égard des voisins ou engagements vis-à-vis de la région, et notamment Israël, qu’il s’agisse des dossiers de la Résistance ou de l’implantation, a affirmé Nasrallah. La première phase de ce projet a commencé au Parlement avec l’organisation d’élections en un temps bâclé, parce que le président Bush avait déclaré qu’il n’était pas possible de les ajourner. »
Après s’être prononcé pour « n’importe quel découpage électoral », Nasrallah a déclaré : « Concernant le dossier du tribunal international, ils ont fait remplacer le Parlement et la justice libanaise par l’ONU. Nous sommes très sérieux à propos du tribunal et c’est pour cela que nous ne publions pas nos remarques. Les Saoudiens, les Iraniens et les Syriens ont demandé à connaître nos observations, mais nous ne les avons pas dévoilées parce que nous sommes sérieux. En toute franchise, le statut du tribunal a été établi parce que les verdicts ont déjà été rendus. Il fallait créer le tribunal pour les développer. La justice libanaise n’ose pas assigner à la résidence forcée quatre officiers en état d’arrestation, parce qu’elle redoute les insultes des hommes politiques. Lorsque le statut du tribunal sera adopté, les détenus politiques se multiplieront, sous prétexte de l’assassinat de Rafic Hariri. Il est temps d’arrêter les arrestations politiques. »
Après avoir souligné la nécessité d’un « recours au peuple », sayyed Nasrallah a déclaré : « S’ils refusent le référendum et les élections anticipées, deux ans seulement nous séparent des prochaines élections. Entre-temps, nous ne nous laisserons pas entraîner dans une guerre civile. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats