Voilà, ça y est, Abdallah ben Abdel-Zizou a eu son sommet. Le pince-fesse a eu lieu cette fois dans cette ville bucolique et guillerette de Ryad. Au milieu du décor, rien que des gougnafiers moustachus. Une belle brochette de parangons de la modernité, de la démocratie et de l’alternance politique : des militaires, des fils de militaires, des copains de militaires… Et pour les civils, une pelletée de rois et roitelets de droit divin. Comme d’habitude, on a palabré, on s’est peloté puis engueulé. Enfin on s’est goinfré tout en se postillonnant réciproquement « les-derniers-problèmes-de-l’heure-à-la-lumière-des-derniers-développements ».
Voilà pour le contenant, passons au contenu. Faut dire que les charlots de la Ligue avaient des dattes sur la planche : interventions successives des délégués qui, couche après couche, en ont rajouté des tonnes dans l’arabisme pluriel ; une langue de bois débitée en sciures d’ébène au milieu d’une parano aiguë de la sécurité. Tout cela pour finalement constater que si dehors la rue était calme, c’est à l’intérieur que les Saoudiens se sont démenés afin de calmer les Libanais qui s’apprêtaient à tirer les couteaux.
Pour ce qui est des résultats, il n’y a pas vraiment de quoi grimper aux rideaux. Car, finalement, que font les Arabes quand ils ne s’entendent pas ? Ben voyons, ils bénissent l’inventeur du copier/coller ! Perché sur son trône imbibé de pétrole, l’inénarrable Abdallah a hâtivement réchauffé son plan de paix du sommet de Beyrouth, déjà pompé sans vergogne sur la résolution 242 de l’ONU. Idem pour ce qui est du Liban, puisque les délégués se sont contentés de fourguer dans la soupière le vieux plan en sept points mitonné par le Signoret durant la dérouillée israélienne de l’été dernier. Certes, le Prolongé du Château a grappillé çà et là quelques modifs dérisoires, mais c’était juste pour rappeler qu’il restait le patron. Moins on a de pouvoir, plus on aime en user.
Finalement on n’ira pas jusqu’à dire que la montagne a accouché d’une souris, mais elle a accouché certainement d’un petit rat. Pour ce qui est des couleuvres, les Libanais se feront une joie de les avaler.
Gaby NASR
Voilà, ça y est, Abdallah ben Abdel-Zizou a eu son sommet. Le pince-fesse a eu lieu cette fois dans cette ville bucolique et guillerette de Ryad. Au milieu du décor, rien que des gougnafiers moustachus. Une belle brochette de parangons de la modernité, de la démocratie et de l’alternance politique : des militaires, des fils de militaires, des copains de militaires… Et pour les civils, une pelletée de rois et roitelets de droit divin. Comme d’habitude, on a palabré, on s’est peloté puis engueulé. Enfin on s’est goinfré tout en se postillonnant réciproquement « les-derniers-problèmes-de-l’heure-à-la-lumière-des-derniers-développements ».
Voilà pour le contenant, passons au contenu. Faut dire que les charlots de la Ligue avaient des dattes sur la planche : interventions successives des délégués qui, couche...
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