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Ce que ne dit pas la « Déclaration de Berlin »

La « Déclaration de Berlin » adoptée par les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne reste muette ou elliptique sur un certain nombre de sujets qui fâchent. CONSTITUTION La présidence allemande l’avait promis : le mot ne sera pas prononcé. Le texte souligne la nécessité de négocier un nouveau « traité » d’ici à 2009. Le rejet par les Français et les Néerlandais de la Constitution en 2005 rendait difficile la reprise du concept de « Constitution », alors que plusieurs pays de l’est de l’Europe se montraient aussi réticents. Tout le monde est d’ailleurs d’accord pour que le terme Constitution soit absent du nom du futur traité. LES RACINES CHRÉTIENNES Aucune mention des « racines chrétiennes » ou « judéo-chrétiennes » du continent, au grand dam du pape Benoît XVI (voir par ailleurs), mais aussi des dirigeants de plusieurs pays comptant de fortes populations catholiques, comme la Pologne, l’Italie ou le Portugal. La chancelière Angela Merkel, fille de pasteur protestant, voulait cette mention, mais a confié y avoir renoncé pour éviter un blocage, face à l’opposition de pays comme la France et la Belgique. EUROPE SOCIALE, MONDIALISATION Alors que les Français et les Britanniques divergeaient sur l’existence et la nature d’un « modèle social européen », Mme Merkel a trouvé une formulation de compromis : « Le modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale. Le marché unique et l’euro nous rendent forts. Nous pouvons ainsi maîtriser, dans le respect de nos valeurs, l’internationalisation croissante de l’économie. » ÉLARGISSEMENT Certains veulent poursuivre l’élargissement de l’UE, d’autres estiment que l’Union a touché les limites de sa capacité d’« absorption ». Le compromis trouvé est le suivant : « L’Union européenne continuera à se nourrir à la fois de son ouverture et de la volonté de ses États membres d’approfondir son développement interne. » SIGNATURE Certains dirigeants européens ont déploré que la « Déclaration » ait été seulement signée par la présidente en exercice du Conseil européen, Angela Merkel, par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso – au nom des deux pouvoirs exécutifs de l’UE – et par le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering. D’autant qu’ils sont tous trois membres du Parti conservateur européen PPE. Mais Berlin a argumenté que la signature au nom des trois pouvoirs de l’UE renforce le poids de la « Déclaration » et que celle-ci n’a par ailleurs pas de valeur contractuelle.
La « Déclaration de Berlin » adoptée par les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne reste muette ou elliptique sur un certain nombre de sujets qui fâchent.

CONSTITUTION
La présidence allemande l’avait promis : le mot ne sera pas prononcé. Le texte souligne la nécessité de négocier un nouveau « traité » d’ici à 2009. Le rejet par les Français et les Néerlandais de la Constitution en 2005 rendait difficile la reprise du concept de « Constitution », alors que plusieurs pays de l’est de l’Europe se montraient aussi réticents. Tout le monde est d’ailleurs d’accord pour que le terme Constitution soit absent du nom du futur traité.

LES RACINES CHRÉTIENNES
Aucune mention des « racines chrétiennes » ou « judéo-chrétiennes » du continent, au grand dam du pape Benoît XVI (voir...