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Actualités - Opinion

De derrière en arrière

Accuser la classe politique libanaise d’immobilisme est vraiment injuste. À la vitesse à laquelle le pays recule, nos clampins se sont révélés des virtuoses de l’évolution à rebours. Darwin doit certainement donner des coups de pied dans sa pierre tombale. Mais c’est pas bien grave, des comiques troupiers qui savent si bien organiser la dégringolade sont parfaitement armés pour mieux sauter un jour. Et nous avec, par la même occasion. Douce poésie de la déliquescence ! Vous avez aimé la présidence de la République en compote ? Le gouvernement en purée ? Vous allez bientôt adorer le Parlement en clafoutis. Faut-il une majorité simplette ou deux tiers d’ahuris pour choisir celui qui posera son auguste fessier sur les hauteurs de Baabda ? Le candidat sera-t-il quatorze-martien ou un barbu dépenaillé ? Les intermittents du neurone sont à genoux, tremblant d’émotion. Quant aux autres, ils s’en battent la gidouille et, tout comme Clemenceau, pensent qu’à l’heure actuelle il n’existe que deux organes inutiles : la prostate et la présidence de la République. La vérité est qu’à ce train, il n’y aura sans doute jamais plus de chef d’État. Mais chut, Michel Aoun ne le sait pas encore… Pour meubler, en attendant, rien ne vaut la petite pantalonnade que nous ont servie Istiz Nabeuh et le barbichu de Koraytem. Heureusement qu’on les a ces deux-là. Quelle persévérance, quelle abnégation ! Quelle retenue aussi ! Tous les soirs ensemble à patauger dans la semoule alors qu’ils n’avaient rien à se dire… Que ne se rouleraient-ils pas une bonne pelle une fois pour toutes et qu’on en finisse ! La chair exulterait, l’ambassadeur saoudien passerait un bon coup de serviette et on n’en parlerait plus. Une démocratie parlementaire titillée puis asticotée par une monarchie de droit divin… Le monde à l’envers ? Non, le monde arabe ! Pour l’heure, le Déshérité de Aïn el-Tiné vient de nous balancer un os à ronger : une commission quadripartite mi-barbue, mi-imberbe, qui se chargerait de dépoussiérer le projet de tribunal international et de régler la crise ministérielle. Rien que ça ! Et le tout avant le pince-fesse arabe de Ryad. Quand on sait que pour muter un planton d’un ministère à l’autre les Libanais peuvent pinailler des années durant, on mesure la sincérité de la proposition. Sacré Nabih ! La pirouette lui aura en tout cas permis de tirer du jeu une épingle dont on a du mal à voir le côté piquant. Gaby NASR
Accuser la classe politique libanaise d’immobilisme est vraiment injuste. À la vitesse à laquelle le pays recule, nos clampins se sont révélés des virtuoses de l’évolution à rebours. Darwin doit certainement donner des coups de pied dans sa pierre tombale. Mais c’est pas bien grave, des comiques troupiers qui savent si bien organiser la dégringolade sont parfaitement armés pour mieux sauter un jour. Et nous avec, par la même occasion.
Douce poésie de la déliquescence ! Vous avez aimé la présidence de la République en compote ? Le gouvernement en purée ? Vous allez bientôt adorer le Parlement en clafoutis. Faut-il une majorité simplette ou deux tiers d’ahuris pour choisir celui qui posera son auguste fessier sur les hauteurs de Baabda ? Le candidat sera-t-il quatorze-martien ou un barbu dépenaillé ? Les...