Mégot au bec (sorte de tabac roulé informe), poncho mexicain jeté négligemment sur ses épaules, chapeau de cow-boy fripé rabattu sur un œil et barbe à peine taillée, il avait traversé de son allure droite et fière les films de Sergio Leone et immortalisé ces westerns que les Américains avaient traités de western spaghetti, avec un certain dédain mêlé de jalousie.
Avec des débuts dans une série télévisée intitulée Rawhide (encore un rôle de cow-boy) et devenu populaire grâce à Pour une poignée de dollars, Pour quelques dollars en plus et Le bon, la brute et le truand, la trilogie de Leone, Clint Eastwood, acteur américain depuis 1955, tardera à avoir la reconnaissance de ses pairs de Hollywood. C’est Don Siegel, avec qui il collaborera pour cinq films, qui lui donne enfin la chance de s’affirmer.
Années 1970: Eastwood délaisse son poncho pour le badge de l’inspecteur Harry (Dirty Harry). « Come on, make my day », une phrase qui lui collera à la peau et un rôle qu’il va développer dans des films qu’il signera dorénavant lui-même. Pourtant Un frisson dans la nuit et Breezy sont mal accueillis par la critique, voire même méprisés. Eastwood, traité de macho et de facho, devra attendre quinze ans pour se réconcilier avec le public.
Bird, film sur la vie de Charlie Parker et qui confirme la passion de Clint pour le jazz, lui vaut de se retrouver en compétition pour la Palme d’or à Cannes. En 1992, Unforgiven, son western crépusculaire, le fait remporter quatre Oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. C’est également avec ce film que Morgan Freeman fait ses débuts au cinéma et entreprend une longue amitié avec Eastwood.
Désormais, l’acteur et metteur en scène n’a plus rien à prouver au milieu hollywoodien. Minuit dans le jardin du bien et du mal, Sur la route de Madison (son premier rôle romantique à 65 ans) et, en 2003, Mystic River et Million Dollars Baby, couronné de quatre Oscars dont celui de meilleur second rôle masculin pour Morgan Freeman ; autant de titres qui figurent au palmarès des grandes œuvres. Actuellement, le cow-boy octogénaire, toujours infatigable et qui n’a pas perdu de sa superbe, relève, avec ses deux œuvres sur la bataille d’Iwo Jima, un défi qu’aucun réalisateur n’a jamais osé faire. Deux films représentant le même thème, mais à travers le regard différent de chaque belligérant. Un doublé encore une fois gagnant.
Mégot au bec (sorte de tabac roulé informe), poncho mexicain jeté négligemment sur ses épaules, chapeau de cow-boy fripé rabattu sur un œil et barbe à peine taillée, il avait traversé de son allure droite et fière les films de Sergio Leone et immortalisé ces westerns que les Américains avaient traités de western spaghetti, avec un certain dédain mêlé de jalousie.
Avec des débuts dans une série télévisée intitulée Rawhide (encore un rôle de cow-boy) et devenu populaire grâce à Pour une poignée de dollars, Pour quelques dollars en plus et Le bon, la brute et le truand, la trilogie de Leone, Clint Eastwood, acteur américain depuis 1955, tardera à avoir la reconnaissance de ses pairs de Hollywood. C’est Don Siegel, avec qui il collaborera pour cinq films, qui lui donne enfin la chance de s’affirmer....
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