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Violence dans les stades : joueurs et dirigeants sont aussi responsables

Après la spectaculaire bagarre générale entre joueurs de Valence et de l’Inter Milan la veille, après les diatribes de dirigeants qui ont empoisonné les derbies Saint-Étienne-Lyon en France ou FC Séville-Betis en Espagne, la violence qui gangrène le football européen n’est plus imputable seulement aux hooligans. Malgré les excuses publiques du Valencian Navarro, qui a admis que son geste était « un manque de respect pour tout le football », les images où il casse d’un coup de poing le nez de l’Intériste Burdisso avant d’échapper en courant à la vengeance de Cruz et Cordoba ont fait le tour du monde. L’UEFA a décidé d’ouvrir une enquête sur ces incidents, survenus à la fin du 8e de finale de Ligue des champions à Valence. Estimant que les joueurs donnent parfois le mauvais exemple, l’entraîneur du FC Séville, Juande Ramos, hospitalisé après avoir reçu une bouteille d’eau jetée des tribunes lors d’un derby contre le Betis le 28 février, déclarait récemment : « Les joueurs et les dirigeants sont ceux qui ont eu le pire comportement. Nous devons réfléchir à ce que nous disons parce que nos propos ont beaucoup de poids auprès de ceux qui n’ont pas besoin de ça pour commettre ces actes barbares. » La Fédération espagnole (RFEF) a décidé d’ouvrir une enquête sur le comportement des deux présidents, José Maria del Nido pour le FC Séville et José Leon pour le Betis, qui avaient contribué à détériorer le climat par des déclarations incendiaires les jours précédant le derby. Calmer plutôt qu’exciter En France, le derby Saint-Étienne-Lyon a été interrompu vingt minutes samedi après un échange de tirs de fumigènes entre supporteurs, d’une tribune à l’autre. Là encore, l’attitude provocatrice des présidents Bernard Caïazzo (Saint-Étienne) et Jean-Michel Aulas (Lyon) est au centre des critiques. « Ils devraient faire très attention à ce qu’ils disent », a estimé le président de l’Union européenne de football (UEFA), Michel Platini. « J’espère que la Ligue française (LFP) prendra de bonnes mesures disciplinaires », a-t-il ajouté. Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, l’a promis, et MM. Aulas et Caïazzo devraient s’expliquer le 15 mars devant la commission de discipline. M. Thiriez a également dénoncé des « comportements qui nuisent gravement au football (...). Je voudrais à ce propos rappeler le rôle des dirigeants avant un derby, a-t-il ajouté. Ils doivent être des modérateurs, calmer les passions plutôt que les exciter ». « On ne peut s’attendre à avoir du respect entre les deux publics si on donne le mauvais exemple », a déploré le capitaine de Saint-Étienne, Julien Sablé. « Je ne dirai pas qui a mis de l’huile sur le feu. Nous avons tous des torts (...), mais là, il s’est dit beaucoup de choses et il ne faut pas s’étonner que cela ait dérapé dans les tribunes », a-t-il regretté. « Jeux du cirque » « La situation n’arrête pas de se dégrader », a commenté pour sa part le syndicat des joueurs français, l’UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels). « L’UNFP demande aux pousse-au-crime professionnels de se regarder en face, poursuivait le syndicat (...). Ces exactions, si elles ne sont pas circonscrites le plus rapidement possible, vont finir par transformer les jeux du stade en jeux du cirque. » Le football européen a été particulièrement touché par la violence cette saison. Le 2 février, un policier avait été tué à Catane (Italie), après des affrontements avec les supporteurs de l’équipe locale, à la suite d’un derby sicilien contre Palerme. Le championnat d’Italie avait été interrompu pendant une semaine. En France, un supporteur du Paris-SG avait été tué par un policier après un match contre Tel-Aviv, sur fond de racisme, le 23 novembre, alors que le 29 octobre, un pompier avait eu deux doigts arrachés par un gros pétard lancé par un supporteur de Marseille lors d’un match à Nice.

Après la spectaculaire bagarre générale entre joueurs de Valence et de l’Inter Milan la veille, après les diatribes de dirigeants qui ont empoisonné les derbies Saint-Étienne-Lyon en France ou FC Séville-Betis en Espagne, la violence qui gangrène le football européen n’est plus imputable seulement aux hooligans.
Malgré les excuses publiques du Valencian Navarro, qui a admis que son geste était « un manque de respect pour tout le football », les images où il casse d’un coup de poing le nez de l’Intériste Burdisso avant d’échapper en courant à la vengeance de Cruz et Cordoba ont fait le tour du monde.
L’UEFA a décidé d’ouvrir une enquête sur ces incidents, survenus à la fin du 8e de finale de Ligue des champions à Valence.
Estimant que les joueurs donnent parfois le mauvais exemple, l’entraîneur...