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RESTRUCTURATION Le brûlant dossier Airbus s’invite au sommet Merkel-Chirac

La chancelière Angela Merkel et le président Jacques Chirac se retrouvent aujourd’hui à Meseberg, près de Berlin, pour un sommet informel qui devrait voir s’exprimer les inquiétudes des deux pays sur la restructuration d’Airbus. « Ce ne sera pas un sommet Airbus », a pourtant prévenu mardi le porte-parole adjoint allemand Thomas Steg, expliquant que Berlin était attaché à l’autonomie des décisions d’entreprise et qu’il ne revenait pas aux politiques de prendre des décisions à la place des responsables du groupe européen d’aéronautique et de défense EADS. M. Steg a reconnu que le plan de restructuration « Power8 » et ses conséquences pour l’Allemagne et la France en termes d’investissements technologiques et d’emplois, sera abordé. Mais il a cité aussi le Proche-Orient et le dossier nucléaire iranien, ainsi que la préparation du Conseil européen de printemps des 8/9 mars à Bruxelles, qui comporte à son ordre du jour le réchauffement climatique, l’énergie et le démantèlement de la bureaucratie. Cette rencontre doit aussi préparer la déclaration du 50e anniversaire du Traité de Rome, fin mars, et les décisions sur les institutions qui doivent être adoptées à l’issue de la présidence allemande en juin. Airbus risque tout de même fort de leur voler la vedette. L’Élysée a fait savoir hier que Jacques Chirac souhaitait régler « rapidement »la crise d’Airbus « dans un esprit de partenariat, de partage équitable des efforts et avec le souci de l’emploi ». Des irritations sont apparues côté allemand, où l’on craint que les sept sites d’Airbus en Allemagne subissent plus lourdement les sacrifices nécessaires à la restructuration. M. Steg s’est étonné du chiffre de 10 000 emplois devant être supprimés chez l’avionneur européen livré par Dominique de Villepin, en se demandant d’où le Premier ministre français tenait cette donnée et en relevant qu’un tel chiffrage correspondait encore à des supputations. Des déclarations comme celle du coprésident français du conseil d’administration d’EADS, Arnaud Lagardère, selon lequel lui-même et l’État français seraient « intraitables sur les intérêts français », n’ont pas amélioré les choses. Günter Gloser, coordinateur des relations franco-allemandes au cabinet d’Angela Merkel, s’est efforcé de calmer le jeu en jugeant bon de « réfléchir à nouveau tranquillement sur la façon de prendre en compte les attentes de chacun des pays, dans la perspective notamment d’emplois tournés vers l’avenir ». Le maintien durable en Allemagne de sites prometteurs technologiquement pour Airbus est aussi essentiel qu’une répartition des charges de la restructuration. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, aucune décision concrète ou percée sur le dossier Airbus n’est à attendre de la rencontre de la chancelière et du président au château baroque de Meseberg. Ils se sont mis d’accord pour exclure les détails techniques de la discussion, mais vont s’efforcer de lui ôter sa dimension émotionnelle. Ils vont en outre mettre en avant les succès obtenus jusqu’à présent par ce projet de coopération franco-allemand et européen, croit savoir le quotidien munichois. Ce n’est pas la première fois que la politique industrielle et économique divise les deux alliés : sur plusieurs dossiers industriels pour lesquels l’intervention du gouvernement français avait été perçue à Berlin comme nationaliste, et sur les critiques françaises à l’indépendance de la politique monétaire de la Banque centrale européenne qu’Angela Merkel défend bec et ongles, des divergences se sont fait jour. Ce sommet devrait être, avant son départ très probable de l’Élysée le 16 mai, le dernier du président Chirac avec la chancelière dans le format dit de « Blaesheim », un type de rencontre sans ordre du jour préétabli. Mais il est très probable qu’ils se revoient sous une autre forme d’ici là.
La chancelière Angela Merkel et le président Jacques Chirac se retrouvent aujourd’hui à Meseberg, près de Berlin, pour un sommet informel qui devrait voir s’exprimer les inquiétudes des deux pays sur la restructuration d’Airbus.
« Ce ne sera pas un sommet Airbus », a pourtant prévenu mardi le porte-parole adjoint allemand Thomas Steg, expliquant que Berlin était attaché à l’autonomie des décisions d’entreprise et qu’il ne revenait pas aux politiques de prendre des décisions à la place des responsables du groupe européen d’aéronautique et de défense EADS.
M. Steg a reconnu que le plan de restructuration « Power8 » et ses conséquences pour l’Allemagne et la France en termes d’investissements technologiques et d’emplois, sera abordé. Mais il a cité aussi le Proche-Orient et le dossier nucléaire...