À propos de l’incident de Faraya
Oui, il y a eu une vive discussion entre un client d’un hôtel à Faraya et Me Kanaan. Oui, un garde du corps de Me Kanaan a violenté la personne en question. Oui, il y a eu des coups de feu tirés en l’air. Oui, il y a eu une grosse panique parmi les clients, touristes, familles et enfants présents à l’hôtel. Que Me Kanaan, avocat de profession, trouve bon de publier un communiqué présentant une version complètement remodelée (à commencer par le lieu de l’incident, à savoir le hall et non le restaurant) est aussi peu professionnel que désolant. Il devrait être le premier à connaître l’importance des témoins, et Dieu sait s’il y en avait !
Dommage que la direction de l’hôtel évite de donner une version officielle des faits pour confirmer, une fois pour toutes, ce que des dizaines de témoins ont vu et entendu.
Christiane KHOURY
Hommage
Je veux rendre hommage :
À vous qui remplissez chaque jour cette page.
À Lamia, Randa et Raymonde qui nous faites frissonner par vos lettres publiées dans cette rubrique.
À vous qui brandissez haut votre seule arme qu’est votre plume.
À vous qui refusez la désillusion.
À vous qui, désormais, avez honte des discours de nos politiciens, toutes couleurs confondues.
À vous qui, comme moi, rejetez ces alliances politiques bidons.
À vous qui aimez la vie, la vraie !
À vous, étrangers, qui avez choisi le Liban comme pays d’adoption.
À Ana ma femme.
À vous qui êtes fiers de produire libanais.
À vous qui consommez libanais.
À vous créatifs de campagnes pour un Liban libre, anticonfessionnel et antisectaire.
À vous qui restez dans ce pays envers et contre tout.
À vous qui êtes partis pour mieux revenir.
Sachez que Fouad, Hassan, Saad, Walid, Nabih, Samir et Michel sont le Liban d’hier.
C’est vous le Liban de demain, celui de Gebran Tuéni, Samir Kassir et des martyrs du printemps de Beyrouth.
Sherif AOUN
À nos chers leaders
Vos paroles arrosées de poison nous réveillent chaque jour. Elles enveniment nos vies mais vous tenez, quand même, à ce que tous les Libanais prennent partie. Désolée, parce que pour le moment, ça ne peut être le cas. Je vous adresse cette courte lettre pour mettre au clair quelques points. Et je vous rappelle qu’il y a de plus en plus de Libanais, jeunes Libanais surtout, qui partagent mon avis. Voilà ! Je tiens à vous dire que ceux qui ont choisi de ne pas choisir l’un des deux camps sont ceux qui ne croient plus en vous, en votre capacité à construire le Liban auquel ils aspirent. Vous avez eu plusieurs occasions et vous n’avez fait que nous décevoir encore et encore. Vous nous avez trahis. Vous avez très mal accompli votre tâche. Ces personnes-là en ont assez de se laisser faire. Maintenant, ce n’est plus une question de foi. La seule foi aveugle c’est celle qu’on peut avoir en Dieu. Maintenant, c’est une question de confiance. Et cette confiance ne peut être acquise, elle doit être méritée. C’est aussi simple que ça ; nous n’avons plus confiance en vous. L’être humain a droit au doute.
Si vous voulez, que nous, libanais ayant choisi d’être neutres, indépendants, indifférents, choisissions entre ce camp ou l’autre, il est temps d’œuvrer pour mériter notre confiance.
Tina BARAKAT
Un appel au secours
Beyrouth, première ville au monde à figurer dans les inscriptions cunéiformes du XIVe siècle avant l’ère chrétienne, que de crimes et de complots en son nom ses fils sont en train de commettre chaque jour. Ils ont échoué à tracer les frontières au Sud, mais ils ont réussi à le faire, place de la Liberté. Des blocs de béton et des barbelés ont été installés pour la diviser. Choqués de voir renaître une ville occidentalisée, une capitale de la mode pour tous les pays riches du Proche et du Moyen-Orient, certains ont préféré dresser des barrières pour créer une nouvelle banlieue. On se croirait devant les fermes de Chebaa, impuissants face à ces barbelés. Enfin, côté Parlement, les restaurants sont désertés.
Devant ce désastre, un appel au secours est exigé pour sauver notre capitale. Alexandre Soljenitsyne, écrivain russe révolutionnaire, disait : « Nous créons notre propre histoire, nous nous poussons nous-mêmes dans la fosse. » Sauvons donc notre capitale avant qu’il ne soit trop tard.
Antoine SABBAGHA
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats