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Le commandant de la frégate : Les eaux libanaises parfaitement surveillées

Le dispositif de l’ONU destiné à contrôler le trafic d’armes dans les eaux du Liban est « parfaitement étanche », assure le capitaine de vaisseau Laurent Hava, commandant de la frégate française Surcouf en mission dans la région. En adoptant la résolution 1701, en août dernier, pour mettre un terme à la guerre entre Israël et le Hezbollah, l’ ONU s’est engagé à assurer la surveillance des côtes libanaises. L’enjeu était de convaincre l’État hébreu de lever son blocus sur les ports du pays, soupçonnés de servir de points d’entrée à des armes destinées au mouvement chiite. Dirigée par l’Allemagne, la Task Force 448 dispose en permanence d’une petite dizaine de bâtiments (frégates et patrouilleurs), qui naviguent dans les eaux libanaises, avec des radars de détection couvrant une large zone chacun. Sans être formellement intégrée à cette force, la frégate française Surcouf « travaille en sentinelle » pour l’ONU, en se tenant juste à l’extérieur des eaux libanaises, explique son commandant dans un entretien avec l’AFP. « Chaque bâtiment met en commun ce qu’il observe, ce qui nous permet de situer en permanence les navires qui évoluent dans ces eaux », précise-t-il. Pour lui, le système est « parfaitement étanche ». Pour preuve, le Surcouf, qui est une frégate furtive (dessinée pour être le moins visible et le moins audible possible), a essayé de se glisser dans la zone. « Nous avons été repérés après moins d’un nautique » (environ deux km), dit-il. La trentaine de navires qui y entrent en moyenne chaque jour font l’objet d’une enquête. « Nous vérifions s’ils sont inscrits dans le registre d’identification des navires commerciaux, d’où ils viennent, quel est leur itinéraire, etc », énumère le commandant Hava. « Quand un bâtiment nous semble louche, parce qu’il refuse de répondre à nos questions, qu’il a un pavillon douteux ou qu’il suit une route incohérente, nous informons la marine libanaise qui peut le contrôler », poursuit-il. Depuis l’arrivée du Surcouf, aucun bâtiment n’a été saisi avec des armes à bord. Seul un trafiquant de cigarettes a été arrêté. « Le dispositif est très dissuasif, personne n’essaie de le franchir », en déduit l’officier. Par ailleurs, le Surcouf a pour mission de récolter des « éléments d’ambiance » sur la situation au Liban, tant au Liban-Sud qu’en ce qui concerne la crise politique La frégate, qui dispose d’un radar de veille combinée air-surface et d’intercepteurs radio, peut notamment capter l’activité aérienne dans le ciel libanais. « Il continue d’y avoir des survols israéliens assez occasionnels », déclare le commandant du Surcouf, sans vouloir en préciser la fréquence. La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait vivement protesté en octobre contre ces incursions qui, selon elle, sont « dangereuses ». Sans entrer dans ce débat, le commandant Hava explique que si l’activité aérienne d’Israël se multiplie à un moment donné, cela peut signifier que l’État hébreu a reçu une information menaçante. À l’inverse, l’activité aérienne peut rester normale en dépit de tensions sur le terrain. « Le 8 février, au lendemain d’échanges de tirs entre les forces armées israéliennes et libanaises à la frontière, nous n’avons rien perçu de particulier, ce qui laissait espérer que la tension allait retomber », souligne le commandant.
Le dispositif de l’ONU destiné à contrôler le trafic d’armes dans les eaux du Liban est « parfaitement étanche », assure le capitaine de vaisseau Laurent Hava, commandant de la frégate française Surcouf en mission dans la région.
En adoptant la résolution 1701, en août dernier, pour mettre un terme à la guerre entre Israël et le Hezbollah, l’ ONU s’est engagé à assurer la surveillance des côtes libanaises. L’enjeu était de convaincre l’État hébreu de lever son blocus sur les ports du pays, soupçonnés de servir de points d’entrée à des armes destinées au mouvement chiite.
Dirigée par l’Allemagne, la Task Force 448 dispose en permanence d’une petite dizaine de bâtiments (frégates et patrouilleurs), qui naviguent dans les eaux libanaises, avec des radars de détection couvrant une large zone...