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Actualités - Opinion

Delirium radioactif

Sous d’autres cieux, tout aussi sous-développés, on appelle cela « bruits de bottes ». Mais comme chez nous les bottes sont hors de prix et que les spadassins potentiels sont plutôt dépenaillés, ce sera donc « frottements d’espadrilles et de babouches »… Jusqu’à ce que les Libanais finissent de boucler leur réarmement, au gré des plans mis en musique au-delà des frontières. Donc, lentement mais sûrement, les ingrédients se mettent en place. À commencer par le camion de Hazmieh. En moins de temps qu’il ne faut à un homme politique pour accoucher d’un bobard, le bahut a été alpagué, forcé de dégorger sa quincaillerie, son chauffeur jeté au trou. Sans préjudice de la caravane des autres camions qui ont déjà réussi à traverser le gruyère syro-libanais. Voilà pourtant une sévérité à laquelle ne nous avaient pas habitués les croûtons du pouvoir. L’ordinaire, c’était plutôt : un, on étouffe ; deux, si ça fuite, on couvre ; trois, si ça pète, on se planque et on sacrifie un sous-fifre. Qui sifflera le début du match ? Y a-t-il de l’espoir au fond du bavoir ? Comme disait Woody Allen, mais à propos d’autre chose, « il est toujours difficile de faire des prévisions. Surtout concernant l’avenir… ». Les armes saisies et le double attentat de Aïn Alak démontrent en tout cas un sérieux déficit d’imagination. Les planificateurs de la prochaine guerre civile ne pensent tout de même pas que les Libanais vont rester à attendre pendant 15 autres années que des ploucs aient fini de se battre à coups de mortiers de 60 mm et de bombinettes. Du tonus, de la technologie, que diable ! L’uranium, ce n’est quand même pas fait pour les chiens ! Ahmadinejad, l’un des derniers dieux-rois de la planète, se ferait un plaisir d’en fournir à ses frères de barbe locaux. Quant aux autres, ils devraient s’activer avant que George Dobleyou, qui tire sur sa dernière année, n’aille rejoindre ses vachers texans. Un bouton à presser, une boule de feu énorme, un champignon en guise de fumette, mais quel silence après… Comme on dit, c’est la dernière couche de haine qui compte. C’était notre modeste contribution à la paix civile. Gaby NASR
Sous d’autres cieux, tout aussi sous-développés, on appelle cela « bruits de bottes ». Mais comme chez nous les bottes sont hors de prix et que les spadassins potentiels sont plutôt dépenaillés, ce sera donc « frottements d’espadrilles et de babouches »… Jusqu’à ce que les Libanais finissent de boucler leur réarmement, au gré des plans mis en musique au-delà des frontières.
Donc, lentement mais sûrement, les ingrédients se mettent en place. À commencer par le camion de Hazmieh. En moins de temps qu’il ne faut à un homme politique pour accoucher d’un bobard, le bahut a été alpagué, forcé de dégorger sa quincaillerie, son chauffeur jeté au trou. Sans préjudice de la caravane des autres camions qui ont déjà réussi à traverser le gruyère syro-libanais. Voilà pourtant une sévérité à laquelle ne...