S’adressant aux « héros de l’indépendance », mais apostrophant aussi les opposants, Nayla Moawad les a pressés de libérer le Parlement « retenu et détenu ». Dans un réquisitoire virulent, extrêmement sévère, la ministre des Affaires sociales a accusé le régime syrien de l’assassinat du président Hariri, de Bassel Fleyhane, comme des 21 autres martyrs libanais, le 14 février 2005.
Pour enchaîner : « Tout comme ils avaient auparavant assassiné Kamal Joumblatt, Béchir Gemayel, cheikh Sobhi Saleh, le mufti Hassan Khaled, René Moawad, Dany Chamoun, ainsi que des milliers et des milliers de martyrs du Liban. Ils l’ont assassiné pour empêcher l’union libanaise. Pour vous empêcher de vivre souverains, libres, dans votre patrie. Pour que le Liban reste entre leurs mains une carte négociable, au bénéfice des intérêts de leur régime. Ils l’ont assassiné, pour assassiner le Liban. »
Elle dénonce les tentatives « du régime de Bachar el-Assad de renverser la révolution du Cèdre. Il s’efforce de faire crouler le Liban sur la tête des Libanais, comme il en avait menacé le président martyr. Les assassinats ou tentatives d’assassinat se poursuivent depuis Marwan Hamadé, en passant par Georges Haoui, Élias Murr, May Chidiac, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, jusqu’à la tuerie terroriste de Aïn Alak visant des civils. Oui, les messages sanglants continuent contre l’État libanais et l’économie, ainsi que le trafic transfrontalier d’armes et l’importation de terroristes, ou les efforts pour semer la discorde en torpillant le tribunal international ».
« Vous vous êtes révoltés, poursuit-elle, pour un Liban arabe, libre, indépendant, démocratique. Pour l’État, pour la stabilité, pour une existence digne, pour la réforme, l’évolution et la modernisation. Pour que la culture de vie triomphe de la culture de mort. »
Le putsch contré
La ministre s’adresse ensuite à l’opposition : « Ils ne réussiront pas le putsch qu’ils tentent contre nous. Je leur dis : continuer à miser sur les axes extérieurs aux dépens de la stabilité au Liban provoquerait l’écroulement du temple sur la tête de tous. Je les invite à faire primer la devise “Liban d’abord” sur tout autre choix. Je les convie à lever le siège de Beyrouth et l’occupation de ses places. À respecter le système démocratique, ses mécanismes constitutionnels, au lieu de couper les routes et de brûler des pneus. »
Puis elle exige « la libération du Parlement détenu et l’approbation du tribunal, au lieu de verser des larmes (NDLR : de crocodile s’entend), devant le mausolée, en organisant, de-ci, de-là, des cérémonies pour jeter de la poudre aux yeux ».
Mme Moawad relève que la consolidation de la stabilité ne se fait pas par de beaux discours, mais par un soutien actif à l’édification d’un État fort. Et certainement pas, dit-elle, « par l’infiltration d’armes à bord de poids lourds à travers la frontière. Ou par le contournement de la résolution 1701, mais par l’observance des prescriptions de la légalité internationale ».
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Pour enchaîner : « Tout comme ils avaient auparavant assassiné Kamal Joumblatt, Béchir Gemayel, cheikh Sobhi Saleh, le mufti Hassan Khaled, René Moawad, Dany Chamoun, ainsi que des milliers et des milliers de martyrs du Liban. Ils l’ont assassiné pour empêcher l’union libanaise. Pour vous empêcher de vivre souverains, libres, dans votre patrie. Pour que le Liban reste entre leurs mains une carte négociable, au bénéfice des...