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Actualités - Opinion

Un air de déjà-vu

2003. À un an de la présidentielle américaine, l’Administration Bush commence à faire résonner les tambours de la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Pour justifier une invasion qui suscite, à travers le monde, les plus fortes condamnations, Washington fait étalage d’arguments qui s’avéreront tous plus fallacieux les uns que les autres. Production, par l’Irak, d’armes de destruction massive – dont une commission d’enquête indépendante dirigée par un ancien inspecteur en ADM, David Kay, ne trouvera trace –, existence de liens entre le régime de Saddam Hussein et el-Qaëda – assertions fondées sur des informations qualifiées de « douteuses » par un rapport publié la semaine dernière par l’Inspection générale du Pentagone... 2007. La présidentielle américaine est prévue pour 2008. Depuis les législatives de mi-mandat, remportées par les démocrates, les républicains, qui ont notamment payé le prix du chaos irakien, sont en mauvaise posture. Alors que le président George Bush se refuse toujours à reconnaître l’échec de sa politique en Irak, les tambours de la guerre semblent avoir repris du service. Contre l’Iran cette fois. Si l’antagonisme entre les États-Unis et l’Iran n’est pas nouveau, les accusations portées récemment par Washington contre Téhéran ont pris une nouvelle tournure ces dernières semaines. Alors que Washington, jusqu’à récemment, se « contentait » d’accuser Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, d’apporter son soutien à des groupes terroristes ou encore d’armer les milices chiites en Irak, dimanche dernier, les accusations se sont faites plus directes. En affirmant que les bombes de fabrication iraniennes avaient tué 170 soldats américains et alliés en Irak depuis 2004, Washington accuse Téhéran d’être responsable de la mort de ses soldats. Une accusation qui appelle nécessairement une réaction. L’Administration a, en outre, donné carte blanche aux soldats américains pour se protéger des agissements iraniens en Irak. Parallèlement, alors que se multiplient les arrestations de responsables iraniens en Irak, les Américains semblent vouloir pousser Téhéran à la faute. Reste que l’Irak n’est pas l’Iran. D’offensive terrestre contre l’Iran, à l’image de celle menée contre le régime de Saddam Hussein, il n’est pas question. Empêtrés dans le bourbier irakien, les États-Unis manquent de moyens pour retenir une telle option. Des frappes ciblées sont envisageables. Contre des installations nucléaires. Quelle forme prendrait alors la réponse iranienne ? Alors qu’elle fait étalage de sa force, en termes de missiles notamment, la République islamique aurait du mal à répondre directement à une attaque américaine. Étant donné l’arsenal militaire naval déployé dans la région – un deuxième groupe naval américain a été envoyé dans le Golfe –, les missiles iraniens pourraient certainement être interceptés avant d’atteindre leurs objectifs. Toutefois, une réponse indirecte, au travers des différents groupes ou milices que l’Iran soutient à travers le monde arabe, serait assurément privilégiée. Avec le risque d’une exacerbation quasi certaine des tensions communautaires et confessionnelles qui rongent déjà une région transformée en véritable poudrière. Émilie SUEUR
2003. À un an de la présidentielle américaine, l’Administration Bush commence à faire résonner les tambours de la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Pour justifier une invasion qui suscite, à travers le monde, les plus fortes condamnations, Washington fait étalage d’arguments qui s’avéreront tous plus fallacieux les uns que les autres. Production, par l’Irak, d’armes de destruction massive – dont une commission d’enquête indépendante dirigée par un ancien inspecteur en ADM, David Kay, ne trouvera trace –, existence de liens entre le régime de Saddam Hussein et el-Qaëda – assertions fondées sur des informations qualifiées de « douteuses » par un rapport publié la semaine dernière par l’Inspection générale du Pentagone...
2007. La présidentielle américaine est prévue pour 2008. Depuis...