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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Soyez béni, Jacques Chirac Pendant que nos dirigeants offraient un spectacle affligeant de médiocrité et de dissensions, tels des enfants se chamaillant pour leurs intérêts personnels, vous œuvriez de tout votre cœur pour le Liban dans son ensemble et dans ses diverses composantes afin d’assurer un avenir meilleur à son peuple qui a tant souffert et qui continue de souffrir. Pendant que le monde entier se penchait sur le sort de ce petit pays avec compassion pour essayer de l’aider à sortir de son isolement, avec générosité, grâce à votre intervention, les Libanais offraient le spectacle désolant de violence et de haine intercommunautaire suite aux discours de leurs dirigeants prônant l’intolérance, le fanatisme et la colère. Monsieur Chirac, si vous n’étiez déjà français, vous mériteriez d’être libanais à part entière, car vous aimez le Liban dans toutes ses composantes ; tel qu’il est, plus qu’aucun de nos dirigeants ne l’a jamais aimé. Soyez béni, Monsieur le Président, car il ne vous restait plus beaucoup de temps pour agir et malgré tout, avant même d’enterrer l’Abbé Pierre, vous avez voulu croire en notre pays. Puissiez-vous servir de modèle à nos dirigeants et que nous comprenions enfin : – le vrai sens de la démocratie pluraliste ; – le sens du dialogue et de la compréhension mutuelle dans le respect des différences ; – que les problèmes se traitent au Parlement et non dans la rue ; – que le flux de la vie va de l’avant et ne peut revenir en arrière ; – que l’union est plus forte que la division ; – que l’identité culturelle du Liban est la liberté de l’indépendance ; – enfin que l’amour est plus fort que la mort. Diane ASSI Adieu Beyrouth ! Quelle tristesse de voir la délectation avec laquelle les Libanais savent s’autodétruire ! Nous sommes les champions de la bêtise, toutes catégories confondues, et je ne puis que faire l’amer constat que le Liban n’est plus en aucun cas un pays d’avenir. Finissons-en avec les illusions. La jeunesse qui a un minimum d’éducation fera tout pour quitter un pays en perdition ; les autres vont se chamailler et se battre pour Dieu sait quelle merveilleux projet de non-avenir. De toute façon, c’est ça ou le chômage : alors, autant se battre pour quelques dollars de plus. Et puis, il y aura les laissés-pour-compte, tous ceux qui ne peuvent partir et qui ne veulent pas se battre. Eux ils pourront continuer de subir sans broncher ou tout au moins résignés. Et puis, il y aura l’infime minorité qui va tirer les marrons du feu, s’enrichir, prendre un pouvoir et le personnaliser pour leur plus grande gloire si éphémère. Pauvre Liban ! Pauvres Libanais ! Quand vous vous expatriez, vous ne rêvez que de votre pays, mais lorsque vous l’habitez, vous faites tout pour le détruire et détruire les rêves de ceux qui auraient envie d’y revenir. Jean-Louis ASSOUAD Merci son général ! Mon cher Fady, Si j’écris ces quelques mots, c’est pour mettre un terme au flot d’appels téléphoniques protestataires des parents, amis et connaissances et leur affirmer que, si je respecte ton opinion, je ne la partage nullement et, surtout, ne la comprends pas... Mais c’est aussi pour te confirmer, comme je te l’ai déjà dit, que tu gardes, quand même, toute mon affection (Voir L’Orient-Le Jour du mardi 30 janvier 2007). Merci donc à ton général qui, après avoir réussi à diviser les Libanais, peut également s’enorgueillir d’avoir divisé les familles... Charles DAHDAH Abou Fady Chapeau mon général, mais merci ? « Merci pour la guerre de Libération de 1989 » qui a permis aux Syriens d’étendre leur présence à l’ensemble du pays et de renforcer leur emprise en doublant pratiquement le nombre de leurs soldats sur le sol libanais, sans parler du désastre humain, économique et social qui a résulté de cette guerre. Merci pour avoir entraîné en 1990 les chrétiens dans une guerre fratricide comme vous risquez de le faire actuellement. « Merci pour les souffrances, exactions et autres calomnies que vos jeunes militants (nos enfants) ont subies », alors que vous étiez dans votre exil doré, ces jeunes militants dont certains sont encore oubliés dans les geôles syriennes sans que ne daigniez même le reconnaître. « Merci pour le Syria Accountability Act » qui semble bien vous embarrasser actuellement au point que vous cherchez à en minimiser l’impact lors de vos récentes interviews. « Merci pour votre rejet des arrangements électoraux et pour avoir fait de la lutte contre la corruption votre cheval de bataille », comme par exemple lorsque vous vous alliez aux symboles même de cette corruption pour gagner quelques voix au Nord ou au Metn et que vous faites de ces plus fidèles alliés de la Syrie vos propres lieutenants (à moins que ça ne soit l’inverse). « Merci d’avoir signé l’accord avec le Hezbollah » qui, faute d’avoir poussé le Hezbollah à rejoindre le mouvement de l’indépendance, a largement contribué à creuser le fossé entre les différentes factions libanaises, menant le pays au bord de la guerre civile. Merci de dénoncer la faillite financière de l’État (à l’époque où vos alliés actuels faisaient également partie du gouvernement) sans proposer aucune solution pragmatique pour réduire la dette publique (à part poursuivre les morts au-delà de leur tombe). Merci d’absoudre continuellement le Hezbollah de la guerre de juillet qu’il a directement provoquée et qui a anéanti tout espoir de redressement économique du pays. Qui parlait de la dette publique en juin 2006 ? On ne parlait que de la magnifique saison touristique qui s’annonçait ! J’ajouterai également merci de vous voir dénigrer continuellement le seul pays qui a toujours soutenu la cause libanaise et qui vous a si bien accueilli lors de vos 15 années d’exil. Oui chapeau mon général. Votre bilan est impressionnant en quatre ans d’activisme politique au Liban, avec deux guerres désastreuses en 1989 et 1990 et les prémices d’une troisième en 2006-2007. Enfin, grâce à vous, nos enfants continuent de quitter le Liban en masse, donnant ainsi au mot « désespoir » tout son sens. Antoine SFEIR L’exception libanaise est une utopie ! N’en déplaise à ceux qui brandissent encore ce mot pour défendre l’indéfendable, il est temps de cesser de nous leurrer et – avec nous – de leurrer le monde entier avec une utopie. L’exception libanaise n’existe tout simplement pas ; pas plus que rien d’exceptionnel provenant d’un Liban pluriel n’a jamais forcé l’admiration de quiconque depuis l’existence de ce pays, dont la structure a été soudée dans une coexistence forcée. Forcée, subie et maintes fois rejetée, comme le témoignent les incessants conflits internes qui ont jalonné son histoire. Retirons au Liban ce vernis reluisant qui ne lui sied qu’au regard des autres. Il ne bluffe plus personne. Avant tout lui-même. L’image que lui renvoie le reflet de son miroir sans tain est celui d’un pays livré à la mauvaise foi de ses leaders qui prétendent vouloir lui éviter la guerre civile tout en faisant par ailleurs tout ce qu’il faut pour qu’elle devienne inévitable. Voire nécessaire. Que tous ces pseudos patriotes, soudainement amoureux fous de leur pays, aillent décompter leur arsenal qui arrive à grands coups de renforts et cessent de nous faire avaler leurs trop grosses couleuvres. Dans leur tentative vaine et désespérée de redorer leur blason au nom d’un patriotisme édulcoré, ils devraient néanmoins tenir compte de la mémoire du peuple ; ce peuple qui n’a rien oublié, et qui n’oubliera jamais ce qu’on lui a fait subir et que l’on s’apprête à lui servir de nouveau. Que ces agitateurs qui ont la mémoire courte lorsqu’il s’agit de recourir à la violence ou de mener des guerres dont ils ne seront pas victimes eux-mêmes puisque tapis dans leurs états-majors, forteresses blindées et inviolables, fustigeant leurs ordres à ceux qui se feront tuer ou blesser au nom de piètres et sordides « causes », se mettent bien en tête que le peuple, lui, ne veut rien de tout cela, n’a jamais voulu rien de tout cela. Ce peuple longtemps traumatisé dans son esprit, dans sa chair et dans ses biens n’a pas oublié. Il n’oubliera jamais. Alors, honte à tous ceux qui entraînent le Liban contre le gré de ses habitants vers l’abîme. Il doit quand même bien y avoir des compromis possibles entre l’amour et la haine ; entre la coexistence idéale et le rejet de l’autre (j’oubliais que ce genre de décisions n’appartenait pas aux Libanais mais au bon vouloir de la Syrie, de l’Iran, des USA et de toutes les bonnes ou mauvaises conjonctures internationales…). Quant à ceux qui évoquent le Liban comme une entité indissociable, un modèle de convivialité, une référence multiconfessionnelle, ils se plantent. Les Libanais n’ont jamais été unis. Ils ne le seront jamais. Au mieux, ils se tolèrent comme de bons vieux ennemis intimes. Ce qu’ils sont d’ailleurs. Et il serait grand temps de l’admettre. Bélinda IBRAHIM
Soyez béni, Jacques Chirac

Pendant que nos dirigeants offraient un spectacle affligeant de médiocrité et de dissensions, tels des enfants se chamaillant pour leurs intérêts personnels, vous œuvriez de tout votre cœur pour le Liban dans son ensemble et dans ses diverses composantes afin d’assurer un avenir meilleur à son peuple qui a tant souffert et qui continue de souffrir.
Pendant que le monde entier se penchait sur le sort de ce petit pays avec compassion pour essayer de l’aider à sortir de son isolement, avec générosité, grâce à votre intervention, les Libanais offraient le spectacle désolant de violence et de haine intercommunautaire suite aux discours de leurs dirigeants prônant l’intolérance, le fanatisme et la colère.
Monsieur Chirac, si vous n’étiez déjà français, vous mériteriez d’être...