La sortie à Mexico d’Apocalypto, le film d’action maya de Mel Gibson, sème la polémique au Mexique : salué pour traiter d’un thème rarement porté au cinéma, il est critiqué pour ses séquences sanglantes et pour passer sous silence la grandeur de la civilisation maya.
« C’est scandaleux, les Mayas sont présentés comme des bêtes sauvages. Ou Mel Gibson est incompétent ou il avait envie de dénigrer gratuitement les Mayas », s’emporte Luis Galicia, 49 ans, fonctionnaire à la mairie de Mexico, en sortant d’un cinéma du centre de la capitale mexicaine. L’acteur Demian Bichir, très célèbre au Mexique, baptise le film « Super Maya » et regrette « qu’une des civilisations les plus importantes de l’humanité apparaisse comme une vulgaire bande de barbares ». « C’était une société très sophistiquée qui était en même temps assez sauvage », se justifie Mel Gibson. Les historiens conviennent que les Mayas ou les Aztèques se livraient à de sanglantes guerres de conquête, avaient des coutumes jugées barbares, comme les sacrifices humains. Le film n’évoque à aucun moment les connaissances en astronomie et en mathématiques, le talent de bâtisseurs ou le calendrier extrêmement précis des Mayas et comprend une aberration historique : l’arrivée des Espagnols est située à l’apogée de l’empire Maya, alors que le déclin de cette civilisation intervient cinq siècles plus tôt.
Moises Fuentes a trouvé ridicule la séquence de l’éclipse de soleil, qui sème la panique parmi les religieux et la population au moment d’un sacrifice. « Vu les connaissances en astronomie qu’ils avaient... c’est peu probable », dit ce professeur de littérature en hochant la tête en signe de désapprobation. « Par contre, ajoute-t-il, c’était bien de filmer en langue maya yucatèque ».
Pour Israel Garrido, un professeur d’histoire de 35 ans, « c’est un point de vue partial. On ne voit que le côté obscur de la civilisation maya. C’est un film d’action violent, le ciné est très sanglant aujourd’hui, sans action ni violence, un film n’a pas de succès ». « Il a pris des libertés avec l’histoire, souligne le professeur, mais il parle des Mayas, d’une certaine manière il fait connaître nos ancêtres, jamais on avait autant parlé des Mayas à l’étranger ». « C’est la vérité, c’est très réaliste. Si tu lis des livres sur les Mayas et les Aztèques, ça se passait comme ça, il n’y a pas de quoi être scandalisé, et tous les sacrifices avaient une justification », estime Marco Gonzalez, un étudiant de 19 ans, qui a vu le film en DVD pirate. Car deux semaines avant la sortie sur grand écran, la copie pirate d’excellente qualité « clone de DVD » était en vente dans les rues de Mexico pour 20 pesos (1,5 euro). Un billet de cinéma coûte plus du double (50 pesos – 3,5 euros) dans les cinémas, soit un peu plus que le salaire minimum quotidien. « J’attendais avec impatience la sortie sur grand écran. Je n’avais jamais vu de film sur une civilisation méso-américaine et je reste sur ma faim. J’avais envie d’en apprendre plus sur leurs traditions, sur la vie dans les cités mayas », commente Karin Sanchez, une étudiante en marketing.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La sortie à Mexico d’Apocalypto, le film d’action maya de Mel Gibson, sème la polémique au Mexique : salué pour traiter d’un thème rarement porté au cinéma, il est critiqué pour ses séquences sanglantes et pour passer sous silence la grandeur de la civilisation maya.
« C’est scandaleux, les Mayas sont présentés comme des bêtes sauvages. Ou Mel Gibson est incompétent ou il avait envie de dénigrer gratuitement les Mayas », s’emporte Luis Galicia, 49 ans, fonctionnaire à la mairie de Mexico, en sortant d’un cinéma du centre de la capitale mexicaine. L’acteur Demian Bichir, très célèbre au Mexique, baptise le film « Super Maya » et regrette « qu’une des civilisations les plus importantes de l’humanité apparaisse comme une vulgaire bande de barbares ». « C’était une société très...