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Katzav en passe d’être inculpé pour viol

Le procureur général israélien a décidé hier d’inculper le président Moshe Katzav pour viol et harcèlement sexuel, une première dans l’histoire du pays dont plusieurs dirigeants sont déjà en délicatesse avec la justice. Aussitôt cette décision annoncée, plusieurs députés ont appelé à la démission du président, dont la fonction est largement protocolaire. M. Katzav doit être notamment inculpé de viol, harcèlement sexuel, entrave au fonctionnement de la justice et menaces contre témoins par le conseiller juridique du gouvernement Menahem Mazouz, qui fait office de procureur général, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué. « Après avoir examiné toutes les preuves en présence, le procureur général est parvenu à la conclusion qu’il existe des preuves suffisantes pour inculper le président », a précisé le communiqué. Le président, qui a toujours clamé son innocence, ne sera inculpé qu’après avoir été entendu par M. Mazouz. La date de cette audition n’a pas encore été fixée. Selon le ministère de la Justice, M. Katzav, 61 ans, est soupçonné d’avoir violé une ancienne employée à l’époque où il était ministre du Tourisme entre 1998 et 1999, et de harcèlement sexuel sur trois autres employés de la présidence. Il devrait également être inculpé pour avoir illégalement offert des cadeaux lors de réceptions, a-t-on ajouté. M. Mazouz a ainsi suivi les recommandations de la police, qui avait demandé son inculpation à la mi-octobre lors du bouclage d’une enquête de trois mois. Cette décision survient au moment où la vie politique israélienne est secouée par une série de scandales sexuels et de corruption. Dernier en date, le 16 janvier, lorsque une enquête criminelle a été ouverte à l’encontre du Premier ministre Ehud Olmert, dans un scandale financier lié à la privatisation de la banque Leumi. La question sur toutes les lèvres est désormais celle d’une éventuelle démission de M. Katzav, qui avait rejeté une telle possibilité peu après sa mise en cause par l’enquête de la police à la mi-octobre. « Le président est convaincu d’être victime de fausses accusations et de tentatives pour le faire quitter ses fonctions. Il se battra pour prouver son innocence », a affirmé son avocat David Libai, lors d’une conférence de presse à Tel-Aviv. David Mena, un proche du président, a toutefois laissé entendre que M. Katzav n’aurait pas d’autre choix que de quitter ses fonctions. Il « devra décider maintenant s’il démissionne avant ou après son audition » par M. Mazouz, a-t-il dit à la radio israélienne. Peu après la décision du procureur général, les appels en ce sens se sont multipliés par voie de presse. Yossi Beilin, chef du parti de gauche Meretz, a invité M. Katzav à « ne pas utiliser le droit qu’il possède de rester en poste jusqu’à la fin de son mandat et de démissionner immédiatement afin de sauver la fonction présidentielle ». « Le président doit démissionner ce soir et organiser sa défense à partir de sa maison », a déclaré à l’AFP le député travailliste Ofir Pines-Paz tandis que le député Menahem Ben Sasson, président de la commission parlementaire des Lois, a souligné : « Cette inculpation prouve que même le citoyen numéro un d’Israël n’est pas au-dessus des lois. » Politicien chevronné, M. Katzav avait été élu président en 2000 par les députés qui l’ont préféré, à la surprise générale, à Shimon Peres, le vétéran de la classe politique. M. Katzav a été le premier homme de droite à occuper les fonctions. Il avait auparavant mené pendant 23 ans une carrière politique sans éclat, obtenant notamment les portefeuilles des Transports et du Tourisme. Le président israélien est élu pour un mandat de sept ans par la majorité des 120 députés.

Le procureur général israélien a décidé hier d’inculper le président Moshe Katzav pour viol et harcèlement sexuel, une première dans l’histoire du pays dont plusieurs dirigeants sont déjà en délicatesse avec la justice.
Aussitôt cette décision annoncée, plusieurs députés ont appelé à la démission du président, dont la fonction est largement protocolaire.
M. Katzav doit être notamment inculpé de viol, harcèlement sexuel, entrave au fonctionnement de la justice et menaces contre témoins par le conseiller juridique du gouvernement Menahem Mazouz, qui fait office de procureur général, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué. « Après avoir examiné toutes les preuves en présence, le procureur général est parvenu à la conclusion qu’il existe des preuves suffisantes pour inculper le...