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JAPON La BoJ sous le feu des critiques après son fiasco monétaire

Analystes et éditorialistes fustigeaient hier l’atmosphère de « chaos » et les pressions politiques qui ont précédé le maintien du statu quo monétaire jeudi par la Banque du Japon (BoJ), d’autant plus déplorables, selon eux, que la décision en elle-même était justifiée. Les neuf membres du comité de politique monétaire de la Banque centrale ont décidé jeudi, à la majorité de 6 voix contre 3, de laisser leur taux directeur inchangé à 0,25 %, faisant volte-face après avoir laissé entendre depuis une semaine par des « fuites » dans les médias qu’ils allaient le relever à 0,50 %. Entre-temps, le gouvernement était passé à l’offensive pour convaincre la BoJ de ne pas augmenter les taux, ce qui a donné la désastreuse impression que les dirigeants de la banque s’inclinaient devant des pressions politiques. Pourtant, la décision en elle-même est jugée bonne, la faiblesse actuelle de l’inflation et l’asthénie de la consommation des ménages au Japon motivant pleinement la prudence, relevaient hier les économistes. « Une politique monétaire accommodante est encore nécessaire pour la reprise économique du Japon », affirme l’agence Standard and Poor’s, estimant qu’un relèvement de taux prématuré « pourrait retarder, voire rendre impossible le rétablissement des finances publiques » nippones. Le maintien des taux « est globalement conforme à ce que la BoJ expliquait ces derniers temps », rappelle Stefan Rheinwald, économiste à la banque d’investissement CLSA. « Ce qui est dramatique, c’est que personne ne va voir les choses comme ça. Tout le monde pensera que le motif du report est politique », déplore-t-il, ajoutant que « les politiciens ont saboté le programme de la BoJ qui était jusqu’ici plutôt clair ». « Reporter la hausse des taux est la bonne décision. Mais cette situation chaotique est mauvaise pour la crédibilité de la Banque centrale », écrit en éditorial le Yomiuri Shimbun, premier quotidien de la presse nippone. « La politique monétaire est désormais en pleine pagaille, et la façon dont les intentions politiques ont été étalées dans la presse couvre la BoJ de ridicule », critique Richard Jerram, économiste chez Macquarie Securities. Selon lui, un maintien du statu quo en janvier aurait été accepté sans problème par tout le monde si la banque avait su tenir sa langue avant la réunion du comité de politique monétaire. « Mais vu le brouhaha politique et les fuites qui ont entouré la décision, le mal est fait pour la crédibilité de la BoJ, même si elle relève les taux en février », estime-t-il. Le gouverneur de la BoJ, Toshihiko Fukui, a farouchement nié avoir succombé aux pressions du gouvernement, lequel s’est lui-même défendu d’avoir tordu le bras à la Banque centrale, officiellement indépendante depuis 1998. Mais ces dénégations n’ont guère apaisé le climat de suspicion, et beaucoup se demandent maintenant si la BoJ osera resserrer sa politique monétaire avant les élections sénatoriales de l’été prochain, cruciales pour le pouvoir. À cet égard, la prochaine réunion du comité de politique monétaire, les 20 et 21 février, constituera un important test. Surtout si les chiffres de la croissance au quatrième trimestre 2006, qui seront publiés vers le 15 février, confirment la poursuite de la reprise économique au Japon, ce qui donnerait des arguments solides aux partisans d’un resserrement monétaire. Mais « il serait nuisible à l’intérêt national que les Japonais voient dans toute hausse des taux une victoire de la BoJ, et dans tout maintien du statu quo une défaite face aux pressions politiques », avertit le quotidien Nikkei, la bible des milieux d’affaires.

Analystes et éditorialistes fustigeaient hier l’atmosphère de « chaos » et les pressions politiques qui ont précédé le maintien du statu quo monétaire jeudi par la Banque du Japon (BoJ), d’autant plus déplorables, selon eux, que la décision en elle-même était justifiée.
Les neuf membres du comité de politique monétaire de la Banque centrale ont décidé jeudi, à la majorité de 6 voix contre 3, de laisser leur taux directeur inchangé à 0,25 %, faisant volte-face après avoir laissé entendre depuis une semaine par des « fuites » dans les médias qu’ils allaient le relever à 0,50 %.
Entre-temps, le gouvernement était passé à l’offensive pour convaincre la BoJ de ne pas augmenter les taux, ce qui a donné la désastreuse impression que les dirigeants de la banque s’inclinaient devant des pressions...