Pour les rares fois où le débat ne porte pas sur le plumage et le ramage d’un quelconque demi-dieu de la basse-cour politique, mais sur les réformes appelées à nous sortir de la mouise, il est toujours poilant de constater l’éclosion soudaine d’une tripotée de Keynes et autres Roosevelt, venus nous expliquer le « danger de dépouiller l’État de ses services publics ». La formule est séduisante, surtout quand l’État est inexistant et que les services publics sont en capilotade. Ce qui revient à dire que les protestataires s’insurgent contre le projet de dépouiller un « rien », d’oripeaux qui représentent « moins que rien ».
Ce puissant concept permet en tout cas à certains barons quelques mouvements de menton, avec ou sans barbe, et aux applaudisseurs excités quelques frémissements aussi koullounesques que clownesques.
Résultats des courses : pendant que partout ailleurs la nouvelle économie se met en place, que les frontières s’ouvrent et que la concurrence bat son plein, nous en sommes encore à tirer fierté de nos recettes douanières et de la taxe mécanique ! À nous enorgueillir du milliard annuel récolté par le Téléphone, aussitôt englouti dans l’Électricité. À pinailler sur les méfaits du libéralisme sauvage, alors que c’est l’État qui est sauvage. Tant et si bien que notre avenir ne se résume plus qu’à deux perspectives : amasser du fric en s’endettant jusqu’au trognon, ou ramasser des obus en collectionnant les moignons.
D’où ce pensum de base destiné aux ploucs de base dotés d’une intelligence de base :
« Toi y en a devoir comprendre : al-service public, ou bien il est rentable ou il n’est pas, Wallah ! Si al-service public il n’est pas rentable, faut jeter lui dans poubelle fissa-fissa, privatiser et distribuer ressources gaspillées dans utilités plus utiles. Maintenant, si al-service public il marche très bien comme ton taliphone, toi y en a devoir quand même privatiser et l’ouvrir à grande concurrence pour baisser les prix et rendre lui plus efficace et plus compétitif. Et empêcher surtout État sous-développé prendre pognon à toi pour acheter charrettes blindées et gardes du corps. »
C’était notre chronique : Le libéralisme économique pour les nuls.
Gaby NASR
Pour les rares fois où le débat ne porte pas sur le plumage et le ramage d’un quelconque demi-dieu de la basse-cour politique, mais sur les réformes appelées à nous sortir de la mouise, il est toujours poilant de constater l’éclosion soudaine d’une tripotée de Keynes et autres Roosevelt, venus nous expliquer le « danger de dépouiller l’État de ses services publics ». La formule est séduisante, surtout quand l’État est inexistant et que les services publics sont en capilotade. Ce qui revient à dire que les protestataires s’insurgent contre le projet de dépouiller un « rien », d’oripeaux qui représentent « moins que rien ».
Ce puissant concept permet en tout cas à certains barons quelques mouvements de menton, avec ou sans barbe, et aux applaudisseurs excités quelques frémissements aussi koullounesques...
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