Je me suis réveillée ce matin avec un grand sourire, non pas à cause d’une bonne nuit de sommeil, mais parce que j’avais rêvé de mon pays, ce Liban que j’aime tant.
J’essayais de m’imaginer ce qu’il aurait bien pu dire s’il avait une bouche et qu’il pouvait librement s’exprimer. Qu’aurait-il dit à ceux qui parlent à sa place ? Qu’aurait-il dit à tous ces « patriotes » qui estiment connaître ses vrais besoins ? Qu’aurait-il murmuré à l’oreille de ceux qui se font la guerre en son nom et à ceux qui tuent, détruisent, volent sous prétexte qu’ils défendent ses intérêts ?
Comment aurait-il agi face à ces pluies d’insultes, de menaces, à cette rhétorique si peu éloquente ?
Qu’aurait-il dit ? Qu’aurait-il fait ?
Le Liban se retrouve aujourd’hui divisé, démembré et paralysé, à la merci d’initiatives, de propositions, d’accords administrés en guise d’intraveineuse de morphine, non pour le soulager ou le délivrer de ses souffrances, mais pour l’euthanasier de la plus douce des manières, parce qu’on l’aime, ne l’oublions pas !
La vérité, nous la recherchons tous, chacun à sa façon. Mais commençons par reconnaître la vérité la plus évidente, la plus basique, la plus douloureuse : le Liban se meurt.
C’est facile de blâmer la Syrie, l’Iran, les Américains, Israël... et tous ces autres complices qui écartèlent et s’arrachent le Liban, afin de régler leurs comptes ou enrichir leurs comptes.
Mais le véritable meurtrier, c’est chacun de nous. Nous sommes seuls responsables de l’agonie de notre Liban. Si nous le défendions comme on s’acharne à défendre une « couleur », un « courant » ou un « chef féodal », nous aurions été vraiment libanais. La place Riad el-Solh, la place des Martyrs, tous ces monuments édifiés en mémoire de ces grands hommes sont réduits à représenter des « dates », des « mouvements », des machines politiques qui s’affrontent et se déchaînent les unes contre les autres. Honte à nous.
Nous pouvons tous avoir nos préférences, notre culture, notre religion, mais n’oublions jamais que nous sommes tous libanais. Sur cette terre, nous sommes tous nés et vers cette terre, nous y retournerons ensemble.
R. NASSRALAH et D. TYAN
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Je me suis réveillée ce matin avec un grand sourire, non pas à cause d’une bonne nuit de sommeil, mais parce que j’avais rêvé de mon pays, ce Liban que j’aime tant.
J’essayais de m’imaginer ce qu’il aurait bien pu dire s’il avait une bouche et qu’il pouvait librement s’exprimer. Qu’aurait-il dit à ceux qui parlent à sa place ? Qu’aurait-il dit à tous ces « patriotes » qui estiment connaître ses vrais besoins ? Qu’aurait-il murmuré à l’oreille de ceux qui se font la guerre en son nom et à ceux qui tuent, détruisent, volent sous prétexte qu’ils défendent ses intérêts ?
Comment aurait-il agi face à ces pluies d’insultes, de menaces, à cette rhétorique si peu éloquente ?
Qu’aurait-il dit ? Qu’aurait-il fait ?
Le Liban se retrouve aujourd’hui divisé, démembré et paralysé, à...