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Actualités

Bonne ânée

Le plus poilant dans le laboratoire libanais, lorsque la classe politique s’adonne à une nouvelle expérience, c’est le bouillonnement de créativité qui s’empare soudain d’une truellée de neuneus, se bousculant pour proposer leurs services. Ainsi, après le Ramsès de la Ligue arabe et son copain nubien, venus nous vendre du vent avant de déguerpir en se pinçant le nez, voilà Erdogan l’Ottoman qui se propose de fourrer le sien dans notre mélasse immonde. Le problème libanais étant non seulement insoluble, mais de plus tout à fait inutile à résoudre, nous voyons ainsi défiler à intervalles réguliers une guirlande de médiateurs exotiques, qui trouvent commode de jouer les utilités en enfilant les visites auprès des chefs indigènes pour tenter de les accoupler de force dans un gigantesque gang-bang réconciliateur. La démarche n’est pas dépourvue d’intérêt, puisqu’elle permet à la fois à nos vieux kroumirs de la politique de bomber le torse en jouant à peu de frais les héros incontournables, aux journalistes d’enchaîner les âneries analytiques oscillant entre optimisme béat et pessimisme pleurnicheur, et au visiteur vedette de parader en faisant parler de lui. On remarquera aussi que chacun des pays qui nous envoie son missionnaire est englué jusqu’au trognon dans des casseroles dont il n’arrive pas à se dépatouiller. L’Égypte avec ses barbus, à peine moins fréquentables que les nôtres ; la Turquie avec l’Union européenne, qui vient de lui remonter méchamment les bretelles dans l’affaire chypriote ; jusqu’à l’Irak qui nous donne des leçons de dialogue entre deux bains de sang mousseux. Finalement, les seuls vrais cocus de ce tour-opérateur sont les cobayes de cette expérience in vivo qui caillent de froid, narguilé au bec, sur le macadam du centre-ville, pendant que leurs patrons non fumeurs font des relations publiques, bien au chaud, sous les lambris de leurs torchis de luxe. Voilà pourquoi 2007 s’annonce fabuleuse. Une année de plus en forme d’ânée qui viendra s’ajouter aux 63 autres de la vie d’un pays décolonisé trop tôt. Gaby NASR
Le plus poilant dans le laboratoire libanais, lorsque la classe politique s’adonne à une nouvelle expérience, c’est le bouillonnement de créativité qui s’empare soudain d’une truellée de neuneus, se bousculant pour proposer leurs services. Ainsi, après le Ramsès de la Ligue arabe et son copain nubien, venus nous vendre du vent avant de déguerpir en se pinçant le nez, voilà Erdogan l’Ottoman qui se propose de fourrer le sien dans notre mélasse immonde.
Le problème libanais étant non seulement insoluble, mais de plus tout à fait inutile à résoudre, nous voyons ainsi défiler à intervalles réguliers une guirlande de médiateurs exotiques, qui trouvent commode de jouer les utilités en enfilant les visites auprès des chefs indigènes pour tenter de les accoupler de force dans un gigantesque gang-bang...