New York, de notre correspondante Sylviane ZEHIL
Le suspense aura duré deux jours. Le Conseil de sécurité a fini par adopter, tard dans la nuit de mardi (heure de Beyrouth), après une grande hésitation, la déclaration présidentielle sur le degré d’avancement de l’application de la résolution 1701. Le texte a fait l’objet d’intenses débats à New York.
Après l’aval donné par le Qatar, c’était au tour de la Russie de soulever quelques objections de dernière minute. Ce qui a laissé perplexes certains membres du Conseil, notamment le délégué français. « La Russie revient-elle sur la parole donnée à la France ? » s’était interrogée une source onusienne, avant l’adoption du document. « Non, avait répondu la porte-parole de l’ambassadeur de Russie. Nous nous sommes mis d’accord sur certains amendements qui n’ont pas été faits », principalement « le paragraphe relatif aux mouvements d’armes illégaux vers le Liban ». À la demande de la Russie, le paragraphe a été divisé en deux parties comme suit :
* Le Conseil de sécurité exprime son inquiétude concernant la remarque soulevée dans la lettre du secrétaire général qui fait état de mouvements d’armes illégaux à la frontière libano-syrienne.
* Il accueille les démarches initiales entreprises par le gouvernement du Liban, notamment en ce qui concerne le déploiement de
8 000 militaires tout au long de la frontière, pour prévenir le mouvement d’armes conformément aux résolutions, et réitère son appel au gouvernement syrien de prendre des mesures similaires pour renforcer le contrôle sur la frontière.
Par ailleurs, à la demande du Qatar, le paragraphe 2 a subi aussi les modifications suivantes : « Le Conseil de sécurité réitère son soutien ferme au gouvernement libanais légitime et démocratiquement élu et appelle au plein respect des institutions démocratiques du pays, en conformité avec la Constitution (phrase ajoutée à la demande du Qatar), et condamne tous les efforts illégaux visant à le déstabiliser ou à intervenir dans les affaires internes du Liban. Le Conseil de sécurité réitère son soutien ferme à l’intégrité territoriale, la souveraineté, l’unité et l’indépendance politique du Liban, sous l’autorité unique et exclusive de son gouvernement. Il réitère son appel à toutes les parties concernées pour coopérer pleinement et d’urgence avec lui pour la mise en œuvre entière de toutes les résolutions concernant la restauration de l’intégrité territoriale, la souveraineté totale et l’indépendance du Liban. »
Le Conseil « engage tous les partis politiques libanais à se montrer responsables afin de prévenir, par le dialogue, une nouvelle détérioration de la situation au Liban », poursuit la déclaration.
À l’heure d’aller sous presse, l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Marc de La Sablière, exprimait sa vive satisfaction à la suite de l’approbation de cette déclaration présidentielle qu’il a qualifiée de « feuille de route », notamment à la veille de l’entrée en fonctions du nouveau secrétaire général de l’ONU. Notons que la France s’est livrée à un véritable « forcing » de dernière minute pour arracher l’aval de Moscou.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats