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L’Afrique du Sud voit grand pour le Mondial 2010

L’Afrique du Sud, premier pays africain à organiser la Coupe du monde, voit grand, s’apprête à construire tous azimuts pour 2010, suscitant des interrogations sur l’après-Mondial et la gestion de l’« héritage » footballistique. Au-delà des engagements du dossier de candidature qui prévoyait essentiellement des rénovations, l’Afrique du Sud va construire cinq stades. Bilan : la facture pour les 10 stades retenus s’élève désormais à 8,4 milliards de rands (900 M EUR) contre moins de 2 milliards (200 M EUR) initialement. « Il y aura immanquablement une gueule de bois après le coup de sifflet final. C’est plus ou moins inévitable », estime Tony Twine, économiste de l’institut Econometrix, qui rappelle que l’Afrique du Sud est « la plus petite économie à organiser une Coupe du monde moderne ». Si l’économie sud-africaine est de loin la première du continent, elle est « 25 fois plus petite » que celle de l’Allemagne, organisatrice de l’édition 2006, souligne-t-il. En outre, le football est un sport populaire en Afrique du Sud, mais son championnat est très loin d’attirer les foules comme en Europe. À Durban, ville portuaire de l’océan Indien qui doit accueillir une demi-finale, la construction d’un stade, baptisé King Senzangakhona (père du puissant chef guerrier Shaka, fondateur de la nation zouloue), ne fait pas l’unanimité. Investissement démesuré Personne ne met en doute la capacité de la ville à tenir les délais - la destruction de l’ancien stade de Kings Park s’est achevée en octobre, les fondations sont en cours et la construction doit débuter en janvier - mais certains s’interrogent sur les lendemains. Le nouveau stade, dont le coût de construction est évalué à 1,9 milliard de rands (environ 200 M EUR), aura une capacité de 70 000 personnes, dans une ville où les matches de football peinent, sauf affiche exceptionnelle, à attirer 10 000 personnes. Pour Bryan Van Zyl, président du club de rugby des Natal Sharks, qui joue dans l’Absa Stadium, mitoyen, l’investissement est démesuré : « Il n’est pas nécessaire d’être un prix Nobel de science pour comprendre que la ville ne peut se permettre ce stade », a-t-il lancé dans la presse locale. « Personnellement, je pense que c’est une erreur. Ce n’est pas viable », a-t-il expliqué à l’AFP. « La Coupe du monde vient en Afrique du Sud, mais elle ne sera là que pour quelques semaines. » Julie-May Ellingson, responsable du projet 2010 pour Durban, se défend de toute folie des grandeurs et affirme que le stade sera « véritablement multifonctionnel » et « facile à entretenir ». Rivalité rugby-football « Le terrain permettra d’accueillir du football, du rugby, des épreuves d’athlétisme et serait adapté pour accueillir les Jeux du Commonwealth et, après quelques modifications minimes, les Jeux olympiques », explique-t-elle, convaincue que ce « stade de classe mondiale » répondra à « des objectifs de développement à long terme ». Au Cap, une association d’habitants s’oppose au projet d’un autre stade, estimant qu’il privera la ville de précieux aménagements publics utiles bien au-delà de 2010. La polémique a pris une tournure passionnelle : les habitants veulent aller en justice et le ministre des Sports, Makhenkesi Stofile, s’est montré menaçant, allant jusqu’à affirmer que Le Cap pourrait perdre son statut de ville-hôte s’ils ne renonçaient pas. Derrière les batailles de chiffres et les prédictions, apparaît, en filigrane, une rivalité ancienne entre rugby et football. Dans nombre de villes, le projet initial était de rénover et d’agrandir les stades de rugby. Mais ce plan s’est heurté à l’opposition du monde du football qui a milité, avec succès, pour que le Mondial laisse derrière lui un « héritage » pour le ballon rond.
L’Afrique du Sud, premier pays africain à organiser la Coupe du monde, voit grand, s’apprête à construire tous azimuts pour 2010, suscitant des interrogations sur l’après-Mondial et la gestion de l’« héritage » footballistique.
Au-delà des engagements du dossier de candidature qui prévoyait essentiellement des rénovations, l’Afrique du Sud va construire cinq stades. Bilan : la facture pour les 10 stades retenus s’élève désormais à 8,4 milliards de rands (900 M EUR) contre moins de 2 milliards (200 M EUR) initialement.
« Il y aura immanquablement une gueule de bois après le coup de sifflet final. C’est plus ou moins inévitable », estime Tony Twine, économiste de l’institut Econometrix, qui rappelle que l’Afrique du Sud est « la plus petite économie à organiser une Coupe du monde moderne ».
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