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Actualités - Chronologie

La Bosnie lutte pour préserver la pratique d’un islam modéré

La plus haute instance des musulmans de Bosnie a exhorté récemment imams et fidèles à protéger leur tradition modérée de la pratique de l’islam, menacée par le wahhabisme radical, une action dont les chances de succès toutefois sont mises en cause par certains experts. « La communauté islamique de Bosnie est confrontée au phénomène d’une interprétation inappropriée de l’islam par certains individus et groupes qui sèment le trouble parmi les musulmans », a constaté le chef spirituel des musulmans de Bosnie, Mustafa Ceric. Dans une résolution, les imams sont appelés à être « déterminés dans l’interprétation de l’islam institutionnel, basé sur le Coran (...) et l’expérience bosniaque ». Sans les nommer, cette résolution vise les adeptes du wahhabisme, branche très rigoriste de l’islam, née en Arabie saoudite. Le wahhabisme a été importé en Bosnie pendant la guerre de 1992-1995 par plusieurs centaines de combattants islamistes venus de pays arabes pour renforcer les rangs des forces musulmanes bosniaques. « Un certain nombre de nos hommes qui n’avaient pas des notions solides de l’islam ont alors accepté la coutume religieuse que ces étrangers leur proposaient », explique le mufti de Sarajevo, Husejin Smajic. Le mufti s’insurge contre des groupuscules, recensés notamment dans la région de Zenica (centre), de Tuzla (Nord) et à Sarajevo, et qui échappent au contrôle des institutions islamiques officielles, et affirme qu’ils doivent être « ramenés dans le système », avec l’aide des autorités laïques en dernier recours. Mais il n’offre pas de solution concrète. Cependant, selon des témoignages recueillis, à part la lecture de la résolution dans les mosquées, aucune consigne sur son application n’a été donnée aux imams. Les adeptes du wahhabisme ne reconnaissent pas l’autorité du grand mufti bosniaque et accusent ceux qui respectent la tradition locale de pratiquer un islam « communiste » ou « européanisé ». Ils se distinguent avec leurs pantalons au-dessus des chevilles et leurs barbes sur la poitrine, une « mode » inconnue en Bosnie avant la guerre. Plusieurs spécialistes bosniaques de l’islam, qui saluent le geste du grand mufti, estiment toutefois que son action sera de faible portée. « Lorsque les institutions sont incapables de traiter un phénomène avec sérieux, elles font recours aux résolutions », déplore Adnan Silajdzic, professeurs à la faculté islamique de Sarajevo. Selon lui, cette réaction arrive avec du retard car les responsables religieux ont été incapables de déceler le phénomène à temps.
La plus haute instance des musulmans de Bosnie a exhorté récemment imams et fidèles à protéger leur tradition modérée de la pratique de l’islam, menacée par le wahhabisme radical, une action dont les chances de succès toutefois sont mises en cause par certains experts.
« La communauté islamique de Bosnie est confrontée au phénomène d’une interprétation inappropriée de l’islam par certains individus et groupes qui sèment le trouble parmi les musulmans », a constaté le chef spirituel des musulmans de Bosnie, Mustafa Ceric.
Dans une résolution, les imams sont appelés à être « déterminés dans l’interprétation de l’islam institutionnel, basé sur le Coran (...) et l’expérience bosniaque ». Sans les nommer, cette résolution vise les adeptes du wahhabisme, branche très rigoriste de l’islam, née en...