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Actualités - Chronologie

Opinion Mamikaze

De toi mamie il ne reste qu’un corps déchiqueté comme ton âme l’a été par tant de souffrance de ton peuple. Dans ton esprit il ne restait plus d’espoir depuis la mort de ton fils tué par l’ennemi. Comment après avoir donné tant de fois la vie as-tu pu vouloir semer la mort ? Quel désespoir et esprit de vengeance t’ont animée, toi que neuf naissances et une descendance de quarante petits-enfants auraient dû orienter avec l’âge vers la sage transmission de l’expérience. Comment la femme que tu as été a-t-elle sombré dans ce besoin de revanche, d’habitude si masculin ? Toutes ces questions t’appartiennent. Sur les dernières images filmées, tu apparais avec cette mitraillette du pauvre autour du cou, qui te va si mal, et tu ne donnes d’ailleurs pas l’impression de savoir t’en servir. En mourant tu as blessé trois soldats, sans doute de l’âge de ton fils défunt. Tu me fais penser à Maud dans le film de 1971 Harold et Maud, avec ton beau visage un peu buriné par cinquante-sept ans de vent de Palestine. Mais Maud incarnait dans ce film la vie, l’espoir à l’âge de 80 ans malgré sa maladie. Si j’écris sur toi, c’est que ton geste crée un précédent. Ton âge et ton statut créent un précédent. Que laisses-tu comme exemple à ton entourage ? Comment tes petits-enfants se débrouilleront-ils en plus de cette vie en dessous du seuil de pauvreté matériel, et que feront-ils du vide affectif et de l’exemple que tu leur laisses pour héritage, toi que l’on appelle maintenant la « grand-mère kamikaze » ? Patrick PINTER
De toi mamie il ne reste qu’un corps déchiqueté comme ton âme l’a été par tant de souffrance de ton peuple. Dans ton esprit il ne restait plus d’espoir depuis la mort de ton fils tué par l’ennemi.
Comment après avoir donné tant de fois la vie as-tu pu vouloir semer la mort ? Quel désespoir et esprit de vengeance t’ont animée, toi que neuf naissances et une descendance de quarante petits-enfants auraient dû orienter avec l’âge vers la sage transmission de l’expérience.
Comment la femme que tu as été a-t-elle sombré dans ce besoin de revanche, d’habitude si masculin ?
Toutes ces questions t’appartiennent.
Sur les dernières images filmées, tu apparais avec cette mitraillette du pauvre autour du cou, qui te va si mal, et tu ne donnes d’ailleurs pas l’impression de savoir t’en servir. En mourant...