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Actualités - Opinion

Une riposte politique au crime : l’approbation unanime du tribunal international

Le chagrin, la douleur, la colère suscitent bien des condamnations de l’assassinat du ministre de l’Industrie, cheikh Pierre Gemayel. Mais, d’une même voix, des dignitaires religieux et des pôles politiques relèvent que le crime comporte un message politique, dirigé contre tout le Liban. Et visant le tribunal international. On ne doit donc pas se contenter de réprobations verbales, selon eux. Il faut agir pour y riposter. En réunissant, sous la direction du président Lahoud et avec la participation des ministres démissionnaires, un Conseil des ministres qui approuvera la dernière mouture du statut du tribunal, maintenant avalisée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Après quoi, le texte sera transmis à la Chambre des députés qui, dans un même élan national, le paraphera. Ainsi, le pays tout entier, peuple et institutions, aurait montré aux commanditaires qu’il est vain pour eux de continuer à faire verser le sang des Libanais. Dont la volonté et l’union devant l’épreuve ne sauraient être brisées. Traitement Pour ces mêmes dignitaires ou pôles, le feu vert au tribunal international constituerait une bonne entrée en matière du traitement de la crise interne. II ouvrirait la voie à des pourparlers sur la formation d’un cabinet d’union, sans arrière-pensées ni entraves. Et sans besoin d’un tiers de blocage, la confiance rétablie servant de meilleure garantie aux parties opposantes, dont les doutes, fictifs ou réels, concernant l’impartialité du tribunal seraient levés. Comme d’assurance à l’autre camp, pour en gommer les appréhensions ou les soupçons relatifs aux allégeances trop accentuées du vis-à-vis. Le sang du martyr Pierre Gemayel, qui serait alors selon toute probabilité le dernier de la liste noire, n’aurait pas été versé en vain, mais aurait rendu à la nation son unité, autour de la quête de la vérité et du tribunal international. Tout comme la mort du martyr Rafic Hariri avait finalement rendu à la patrie meurtrie, opprimée, un immense service en lui permettant de recouvrer son indépendance, sa souveraineté, sa libre décision, avec le retrait des forces syriennes. Ces personnalités insistent : si vraiment toutes les parties sont désireuses, comme elles l’affirment, de faire la lumière sur l’assassinat du président Hariri, elles n’ont qu’à approuver, toutes et sans réticence, la création du tribunal international. Le dialogue Parallèlement, poursuivent ces sources, le président Nabih Berry devrait de suite promouvoir l’élan de solidarité nationale en invitant les protagonistes à se rasseoir à la table ronde de dialogue pour régler la question ministérielle, en s’entendant, après débat et négociations, sur la composition politique d’un nouveau cabinet, les noms des ministres, la répartition des portefeuilles, notamment des postes-clés, et sur le programme gouvernemental que la déclaration ministérielle doit exposer. Calme Bien entendu, un accord annulerait ipso facto le projet contestataire d’un recours à la rue. Un plan destructeur pour un pays qui se retrouverait gravement désuni, disloqué, avec un péril certain d’une partition de facto. Toujours selon les mêmes personnalités, le tribunal international puis la reprise du dialogue faciliteraient également le règlement de bien des questions, dont le sort de la présidence de la République ou celui de la Chambre présente. On pourrait alors s’entendre ou bien pour abréger le mandat prorogé du président Lahoud, ou bien pour le laisser s’achever dans les délais fixés, assorti d’une cohabitation avec un successeur élu sans passation immédiate des pouvoirs. Une formule qui rendrait logique, en fait, le maintien du même gouvernement, peut-être élargi pour y intégrer les aounistes, avec annulation, évidemment, de la démission des ministres opposants. En tout cas, le calme du climat politique serait rétabli, autorisant la tenue et le succès de Paris III, conférence du redressement économique. Quant à la Chambre, on avaliserait une nouvelle loi électorale, équitable et équilibrée, pour organiser des législatives anticipées avant le départ de M. Lahoud. Enfin et sans doute surtout, les Libanais retrouveraient leur union, cimentée par une union des rangs chrétiens, cette moelle épinière du pays. Émile KHOURY

Le chagrin, la douleur, la colère suscitent bien des condamnations de l’assassinat du ministre de l’Industrie, cheikh Pierre Gemayel. Mais, d’une même voix, des dignitaires religieux et des pôles politiques relèvent que le crime comporte un message politique, dirigé contre tout le Liban. Et visant le tribunal international. On ne doit donc pas se contenter de réprobations verbales, selon eux. Il faut agir pour y riposter. En réunissant, sous la direction du président Lahoud et avec la participation des ministres démissionnaires, un Conseil des ministres qui approuvera la dernière mouture du statut du tribunal, maintenant avalisée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Après quoi, le texte sera transmis à la Chambre des députés qui, dans un même élan national, le paraphera. Ainsi, le pays tout entier, peuple et...