Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé hier les États-Unis à retirer prudemment leurs troupes d’Irak. Lors d’une conférence de presse à Genève, le patron des Nations unies a pour la première fois implicitement appelé Washington à retirer ses troupes en estimant que « la date de leur départ devra être optimale ». Le retrait de l’armée américaine « ne doit pas entraîner une nouvelle détérioration », a-t-il expliqué.
M. Annan, qui s’était opposé à l’intervention de la coalition anglo-américaine en 2003, a estimé que « d’une certaine façon, les États-Unis sont pris au piège en Irak du fait qu’ils ne peuvent pas rester, mais ne peuvent pas partir non plus », a estimé M. Annan.
Le chef de l’ONU a incité les Américains à faire en sorte que « lorsqu’ils se retirent, les Irakiens soient eux-mêmes en mesure d’instaurer une situation qui assurerait un environnement raisonnablement sûr ».
À quarante jours de la fin de son mandat, c’est la première fois que M. Annan s’exprime aussi clairement sur la question du retrait des États-Unis, a-t-on indiqué dans son entourage.
Interrogé sur son plus grand regret durant ses 10 années de mandat à la tête de l’ONU, M. Annan a mentionné l’Irak et le fait que « les discussions au Conseil (de sécurité) n’aient pas pu empêcher la guerre ». « Je crois fermement que la guerre aurait pu être évitée et que les inspecteurs (de l’ONU) auraient dû avoir un peu plus de temps », a rappelé M. Annan, qui avait à l’époque suscité la colère des États-Unis en jugeant « illégale » leur intervention en Irak.
Aux États-Unis même, le sort des 144 000 soldats américains envoyés en Irak a refait surface avec la victoire de l’opposition démocrate lors des élections législatives de début novembre.
Parallèlement, le quotidien Washington Post a révélé lundi que l’armée américaine étudiait trois options : accroître le nombre de soldats, l’alléger, mais rester plus longtemps, ou les retirer complètement du pays. Selon le journal, le Pentagone devrait recommander, dans un premier temps et à court terme, une légère augmentation des troupes – de 20 000 à 30 000 hommes supplémentaires – et, sur le long terme, un engagement en matière de formation et de conseil aux forces irakiennes.
Washington pourrait aussi demander à la Syrie et à l’Iran de jouer de leur influence en Irak pour stabiliser le pays. Interrogé à ce sujet, M. Annan a souligné que « les pays voisins peuvent jouer un rôle positif ou négatif » en Irak, et s’est félicité de la décision de Damas de rétablir des relations diplomatiques avec Bagdad.
M. Annan a, par ailleurs, estimé qu’une mesure à prendre au plus vite en Irak consistait à modifier la Constitution afin d’assurer un partage équitable du pouvoir et des recettes fiscales entre les différentes communautés, chiite, kurde et sunnite, afin de calmer les inquiétudes des sunnites. Le Parlement irakien a commencé à débattre en septembre d’une modification de la Constitution allant dans le sens de la création d’une fédération de provinces autonomes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé hier les États-Unis à retirer prudemment leurs troupes d’Irak. Lors d’une conférence de presse à Genève, le patron des Nations unies a pour la première fois implicitement appelé Washington à retirer ses troupes en estimant que « la date de leur départ devra être optimale ». Le retrait de l’armée américaine « ne doit pas entraîner une nouvelle détérioration », a-t-il expliqué.
M. Annan, qui s’était opposé à l’intervention de la coalition anglo-américaine en 2003, a estimé que « d’une certaine façon, les États-Unis sont pris au piège en Irak du fait qu’ils ne peuvent pas rester, mais ne peuvent pas partir non plus », a estimé M. Annan.
Le chef de l’ONU a incité les Américains à faire en sorte que « lorsqu’ils se retirent, les...