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Potiches sur table

Avant, ça s’appelait dialogue. Puis, incroyable mais vrai, Nabih Berry a eu une idée : il a mis le vocable au pluriel puis baptisé l’ensemble « concertations ». La table est restée la même, la nappe aussi, idem pour les clampins politiques assis autour. Seul le nom du cirque a donc changé. Une petite variante quand même : le barbu en chef du Hezbollah, qui depuis la guerre pantoufle sous terre à compter ses missiles, a dépêché trois de ses pendentifs débraillés pour faire de la figuration. Si bien qu’au bout du compte, on retrouve une quarantaine de potiches encerclant un petit fanion frappé du cèdre, dont plus personne ne se souvient ni pourquoi ni par quel architecte d’intérieur il a été placé en cet endroit précis. En lever de rideau, télés, journaux et radios pavoisent et bêlent dans la même direction : « Hourrah ! C’est le dégel, tout s’est bien passé ! » Une analyse tout en finesse et élégance pour dire que les « étoiles » de l’Étoile ne se sont envoyé ni cendriers ni bouteilles d’eau à la figure. À quoi tient notre bonheur… Mieux encore : il paraît même qu’ils se sont dit « bonjour-comment-ça-va », certains allant même jusqu’à se peloter discrètement, question de montrer une avancée réelle sur le plan des idées. Puis, patatras ! Istiz Nabeuh, à qui on ne la fait pas, devait vite ranger les cendriers et les bouteilles. Ne restaient plus que le petit fanion et la nappe. Saad le barbichu rêvait de planter le premier dans l’œil d’un des barbus, pendant que ces derniers calculaient le nombre de tchadors qu’ils pourraient tailler avec la deuxième. Quant au Tsunamichel, il a fait une rechute monomaniaque et ne pensait qu’à renverser la table. Les médias, qui n’avaient plus grand-chose à se mettre sous la dent, ont dû se rabattre sur le fameux déjeuner Aoun-Geagea pour calmer les excités de l’un et de l’autre. Peine perdue. Mongénéral et le Tondu des Cèdres sont restés sur leur position mais, au moins, ils se sont bien goinfrés. Bilan provisoire : on ne sait pas si ces concertations passeront l’automne, mais on parie que cette idée lumineuse ne passera pas l’hiver. En attendant et grâce à la télévision couleur, quand Nabih Berry vient nous assurer qu’il n’y a pas d’alternative au dialogue, on a au moins la satisfaction de le voir rougir. Gaby NASR
Avant, ça s’appelait dialogue. Puis, incroyable mais vrai, Nabih Berry a eu une idée : il a mis le vocable au pluriel puis baptisé l’ensemble « concertations ». La table est restée la même, la nappe aussi, idem pour les clampins politiques assis autour. Seul le nom du cirque a donc changé.
Une petite variante quand même : le barbu en chef du Hezbollah, qui depuis la guerre pantoufle sous terre à compter ses missiles, a dépêché trois de ses pendentifs débraillés pour faire de la figuration. Si bien qu’au bout du compte, on retrouve une quarantaine de potiches encerclant un petit fanion frappé du cèdre, dont plus personne ne se souvient ni pourquoi ni par quel architecte d’intérieur il a été placé en cet endroit précis.
En lever de rideau, télés, journaux et radios pavoisent et bêlent dans la même...