On compare souvent les hommes politiques à des acteurs. C’est très injuste pour les acteurs. Certes, le jeu de rôles y est, mais comme il existe un vide effarant au plan des idées, nos vieux croûtons publics carburent au binôme sympathie/antipathie. Le procédé est simple : le birbe politique déliquescent commence d’abord par choisir son camp, généralement à fesse ou face avec un billet de 100 dollars ; ce n’est qu’ensuite qu’il mouline l’argumentaire qui va avec.
Ainsi, si d’emblée notre ami veut se placer dans le camp quatorze martien, il devra admettre en vrac et dans le désordre : que le Sayyed Barbu pousse un peu loin le bouffon en voulant nous fâcher avec la planète entière pour nous arrimer solidement avec les enturbannés persans ; qu’Istiz Nabeuh, en vieux briscard de la jonglerie, n’est pas encore parvenu à trouver l’axe de la girouette pour s’adapter à la direction du vent ; que l’Amer Michel devrait cesser de bouffer des oranges pour calmer ses démangeaisons présidentielles ; et que le Prolongé de Baabda devrait diffuser sur Télé-Liban le clip vidéo montrant Bachar el-Assad himself en train d’appuyer sur le détonateur de chacun des 15 attentats de 2005.
Si, par contre, le bipède politique a opté pour le biberon huit martien, il n’aura aucune peine à croire : que les mosquées sunnites vont bientôt champignonner à travers tout le pays ; que Abdallah d’Arabie est un Saoud caustique qui, régulièrement, fait des dépôts bancaires dans les comptes en Suisse de tous les journalistes ; que le Barbichu simplet et palatin de Koraytem devrait peut-être un jour, entre deux avions, se fendre d’une petite visite au Liban ; et que Rictus Oblicus du Sérail, dont l’image est aussi fracassée qu’un pont du Liban-Sud, est tenu de payer jusqu’au dernier fifrelin les dégâts d’une guerre qu’il n’a pas menée et dont il se bat complètement la gidouille.
Voilà pour le tableau, les acteurs sont en place. Monologuant sans cesse, ils prennent des poses. L’attitude est leur seconde nature. Une vraie pépinière de talents, interminable bobine d’un film qui se dévide à reculons.
Ce n’était pas d’une heure qu’il fallait retarder, samedi dernier, nos montres pour retrouver l’heure d’hiver. Mais de 400 ans…
Gaby NASR
On compare souvent les hommes politiques à des acteurs. C’est très injuste pour les acteurs. Certes, le jeu de rôles y est, mais comme il existe un vide effarant au plan des idées, nos vieux croûtons publics carburent au binôme sympathie/antipathie. Le procédé est simple : le birbe politique déliquescent commence d’abord par choisir son camp, généralement à fesse ou face avec un billet de 100 dollars ; ce n’est qu’ensuite qu’il mouline l’argumentaire qui va avec.
Ainsi, si d’emblée notre ami veut se placer dans le camp quatorze martien, il devra admettre en vrac et dans le désordre : que le Sayyed Barbu pousse un peu loin le bouffon en voulant nous fâcher avec la planète entière pour nous arrimer solidement avec les enturbannés persans ; qu’Istiz Nabeuh, en vieux briscard de la jonglerie, n’est pas...
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