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Actualités - Chronologie

Les déchets de la guerre continuent de s’accumuler à Ouzaï

Un mois de bombardements israéliens a laissé des millions de tonnes de gravats en déshérence au Liban, accentuant le cauchemar écologique que vit le pays confronté à des guerres à répétition, rapporte Anne Chaon dans un reportage de l’AFP. La route principale desservant le littoral est en temps habituel un dépotoir commode directement ouvert sur la mer. Mais le plus spectaculaire vient d’être ouvert à Ouzaï, à la sortie sud de Beyrouth. Entre l’autoroute et le rivage s’érige une montagne de débris à l’odeur encore âcre, qui ne cesse de croître et de glisser vers les flots : ce sont les ruines de la banlieue sud. Rien que pour ces quartiers, où 400 immeubles ont été pulvérisés, l’ordre des ingénieurs estime les ruines à 1,2 million de mètres cubes et quelque 400 camions effectuent quotidiennement la navette vers la décharge. « Fin août, les gravats ont été directement déversés dans l’eau : les ONG ont protesté, et depuis, on collecte et on dépose le tout sur le rivage », indique Omar el-Naïm, de Greenpeace. Le déblaiement de la banlieue devrait durer jusqu’à la fin de l’année. Au moins cette décharge-là est-elle bien visible. Dans le sud du pays, où les autorités ont dénombré 10 649 habitations entièrement détruites, il faut chercher les gravats dans les replis secrets des collines. C’est en suivant les camions de déblaiement qu’on les trouve : sur des pistes secondaires, bien cachés au fond des vallons, des cours d’eau, ou déposés en contrebas des chemins. Pour dégager le village de Ghandouriyeh (6 000 habitants), il faut 10 à 11 camions de 13 tonnes par jour, indique un chauffeur en vidant son véhicule sur un tas effondré. « Les gravats des habitations ne contiennent pas que du ciment inerte : on y trouve tout ce qui fait une maison, des piles, des accumulateurs, du matériel électronique, des frigidaires... Il faudrait des millions et des millions de dollars pour s’en débarrasser proprement. Ce n’est ni facile ni considéré comme une priorité », regrette Ricardo Khoury. Son cabinet de consultations en environnement, Elard, a contribué à la mission d’évaluation des dommages écologiques d’après-guerre du Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE). Elard a identifié 16 sites hautement sensibles nécessitant une rapide dépollution. Outre la centrale électrique de Jiyeh, dont le bombardement a provoqué une marée noire sur les côtes libanaises, les cuves de kérosène de l’aéroport de Beyrouth, des entrepôts de détergents et de produits chimiques à Choueifate (sud de la capitale), des usines de plastique à Tyr, un site de production de verre dans la Békaa ont flambé pendant des jours... Or le traitement des déchets – comme celui des eaux usées – est pratiquement inexistant au Liban : à l’exception de Beyrouth et de Zahlé, dans la plaine de la Békaa (Est), les grandes villes du pays (Tyr et Saïda au Sud, Tripoli au Nord), situées sur la côte, évacuent leurs ordures dans de vastes décharges ouvertes directement sur la mer, explique Karim Jisr, consultant environnemental pour la Banque mondiale et le PNUD « Or ni l’État ni les municipalités ne peuvent attendre une solution durable. Ils sont confrontés à la pression sociale, d’où ces sites improvisés. L’idée serait de trouver un endroit de stockage sûr, où l’on puisse prendre le temps de trier », poursuit-il. Selon lui, la possibilité d’utiliser les carrières du Liban, sauvages pour la plupart et jamais réhabilitées, serait à l’étude. « On pourrait les combler et les recouvrir de matériaux inertes. Mais le problème reste le littoral : l’État n’y possède pas de terrains, propriétés des Églises et des particuliers, et il n’est pas non plus possible de transporter tous ces gravats sur des kilomètres », a-t-il ajouté.
Un mois de bombardements israéliens a laissé des millions de tonnes de gravats en déshérence au Liban, accentuant le cauchemar écologique que vit le pays confronté à des guerres à répétition, rapporte Anne Chaon dans un reportage de l’AFP.
La route principale desservant le littoral est en temps habituel un dépotoir commode directement ouvert sur la mer. Mais le plus spectaculaire vient d’être ouvert à Ouzaï, à la sortie sud de Beyrouth. Entre l’autoroute et le rivage s’érige une montagne de débris à l’odeur encore âcre, qui ne cesse de croître et de glisser vers les flots : ce sont les ruines de la banlieue sud.
Rien que pour ces quartiers, où 400 immeubles ont été pulvérisés, l’ordre des ingénieurs estime les ruines à 1,2 million de mètres cubes et quelque 400 camions effectuent quotidiennement...