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Actualités - Opinion

Seule solution à la crise, un compromis à la libanaise

L’antidote, le Liban politique le génère (parfois, pas toujours) aussi bien que le poison. Le remède à la crise actuelle se trouve donc, ce qui est normal dans un pays composite, à base de compromis. De consensus résumé dans la formule Salam : ni vainqueur ni vaincu. C’est ce que recommande un dignitaire religieux, qui cite le début du règne de Chehab. Un premier gouvernement avait dû rendre rapidement son tablier, parce que sa composition était déséquilibrée. Il avait cédé la place au fameux cabinet des quatre. Selon le prélat, il est clair que changer le gouvernement sans changer de président de la République signifierait qu’il y a bien un vainqueur et un vaincu. Il faut dès lors, à son avis, remplacer les deux. Ou ne toucher à rien. Ce qui préserverait peut-être l’équilibre, au titre d’une dissuasion réciproque, mais ne résoudrait pas le problème. Du moins pas avant le terme du mandat présidentiel prorogé. Un pis-aller qui s’imposerait, évidemment, si l’on se montrait toujours incapable de remercier en même temps président et gouvernement. Si le maintien du statu quo devait marquer le pas, il faudrait au moins, souligne cette personnalité, s’accorder pour activer le gouvernement, pour qu’il affronte les échéances avec une position unie. Nécessaire du reste pour permettre la tenue, et la réussite, de la conférence Beyrouth I visant à permettre le redressement économique et financier d’un Liban exsangue, durement frappé par la guerre de juillet. Le prélat ajoute une remarque au passage : le bras de fer politique, la lutte pour le pouvoir, n’aurait plus aucun sens si le pays économique et financier venait à s’effondrer. Il convient de relever que plusieurs conciliations, locales, régionales ou internationales sont en cours. La plupart proposent que l’on commence par s’entendre sur la succession présidentielle. Pour enchaîner de suite sur la composition du nouveau gouvernement devant nécessairement accompagner le changement de régime. Mais, pour le moment, les protagonistes locaux campent sur leurs positions. En semblant attendre, les uns ou les autres, des développements extérieurs modifiant les données du problème interne, ainsi que les rapports de force sur la scène locale. Cependant, ce double choix d’expectative est risqué. Il pourrait y avoir un vide de pouvoir si un tiers des ministres venaient à claquer la porte. Et un vide présidentiel, si l’on ne parvenait pas à assurer un quorum des deux tiers pour la séance d’élection. En tout cas, selon des sources politiques, la Syrie et ses alliés du cru mettent le paquet, comme on dit familièrement, pour provoquer des changements qui favoriseraient leurs intérêts associés. Ils visent soit à obtenir un nouveau cabinet où ils disposeraient pratiquement de la majorité. Soit à décrocher un président relevant de leur mouvance. Ou les deux. Car un président prosyrien pourrait bloquer la formation d’un gouvernement qui ne plairait pas à Damas. Cependant, contrairement à certains de ses amis locaux, la Syrie redouterait en fait, toujours selon les mêmes sources, la prolongation du statu quo actuel. Car les développements qui pourraient survenir pendant les mois prochains risquent de lui être défavorables. Par exemple du côté de l’enquête sur l’assassinat du président Hariri et du lancement du tribunal à caractère international. L’offensive politique syrienne cherche à faire peur au 14 Mars, par la menace d’un vide gouvernemental ou présidentiel. Il n’est donc pas exclu que ce mouvement accepte l’idée d’un nouveau gouvernement avant la présidentielle. Mais à condition, évidemment, d’y garder le contrôle de la majorité. C’est là toutefois une probabilité tout à fait théorique. Car le 14 Mars continue à estimer que la priorité va à la présidentielle. La Syrie, redisons-le, opère sur deux lignes. Accepter de remplacer M. Lahoud, si cela devait être par un autre fidèle ami. Ou faire sauter le gouvernement Siniora pour un cabinet favorable, qui dirigerait le pays si M. Lahoud s’en allait. Avec en vue un même objectif, entraver ou torpiller le projet de tribunal international. Émile KHOURY
L’antidote, le Liban politique le génère (parfois, pas toujours) aussi bien que le poison. Le remède à la crise actuelle se trouve donc, ce qui est normal dans un pays composite, à base de compromis. De consensus résumé dans la formule Salam : ni vainqueur ni vaincu. C’est ce que recommande un dignitaire religieux, qui cite le début du règne de Chehab. Un premier gouvernement avait dû rendre rapidement son tablier, parce que sa composition était déséquilibrée. Il avait cédé la place au fameux cabinet des quatre.
Selon le prélat, il est clair que changer le gouvernement sans changer de président de la République signifierait qu’il y a bien un vainqueur et un vaincu. Il faut dès lors, à son avis, remplacer les deux. Ou ne toucher à rien. Ce qui préserverait peut-être l’équilibre, au titre d’une...