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Actualités - Opinion

Attention, fragile !

Le plus sympa, quand la presse se frotte à une grosse légume politique, ce n’est pas le végétal lui-même, mais la lasagne des pédoncules et autres radicules qui frétillent pour monter à l’assaut de celui qui a osé grignoter leur cucurbitacée. Pas touche à mon patron, se met aussitôt à vociférer le bas de caisse, qui généralement ne lésine pas sur la quantité de cirage à appliquer sur les mocassins de son demi-dieu. Ça n’a l’air de rien, mais le boulot est a priori exaltant : ouvrir la portière du 4x4, rapide génuflexion au passage du Maître, chauffer la salle pendant les pince-fesses occasionnels, fermer la portière du 4x4, cou-couche panier avec les domestiques à la fin du raout. Les partisans devraient pourtant s’estimer heureux de voir leur idole de près et non à la jumelle, comme le pape à son balcon. Mongénéral, le Sayyed barbu, Saad le barbichu et le Tondu des Cèdres devraient s’en inspirer. Allez, un geste commercial ! Pour 10 dollars, le pèlerin pourra rencontrer personnellement son Grand Timonier. Et s’il promet de bien voter aux prochaines élections, le garde-chair personnel de ce dernier viendra lui servir le café à domicile. En plus, si vous trouvez moins cher ailleurs, on vous rembourse la différence. Mais le vrai morceau d’anthologie, ce sont les interviews. Ces moments poétiques au cours desquels le Phénix vend sa sauce à un journaliste transformé en vase de Sèvres. Verbiage de complaisance pendant lequel le gratte-papier se surpasse dans le courage et l’insolence. Morceaux choisis : « Vous êtes génial de naissance ou ça vous est venu en grandissant ? ». « À côté de vous, vos rivaux n’ont-ils pas l’air de minables ? ». « Un prix Nobel ça ne serait pas trop mesquin pour vous ? ». Sacrée classe politique, va ! Entre les intouchables, les icônes, les idoles, les seigneurs et les bibelots en biscuit, nous sommes largement comblés. Heureusement qu’ils s’engueulent entre eux pour égayer l’ambiance. Comment dit-on « asinus asinum fricat » en arabe ? Gaby NASR
Le plus sympa, quand la presse se frotte à une grosse légume politique, ce n’est pas le végétal lui-même, mais la lasagne des pédoncules et autres radicules qui frétillent pour monter à l’assaut de celui qui a osé grignoter leur cucurbitacée.
Pas touche à mon patron, se met aussitôt à vociférer le bas de caisse, qui généralement ne lésine pas sur la quantité de cirage à appliquer sur les mocassins de son demi-dieu. Ça n’a l’air de rien, mais le boulot est a priori exaltant : ouvrir la portière du 4x4, rapide génuflexion au passage du Maître, chauffer la salle pendant les pince-fesses occasionnels, fermer la portière du 4x4, cou-couche panier avec les domestiques à la fin du raout.
Les partisans devraient pourtant s’estimer heureux de voir leur idole de près et non à la jumelle, comme le pape à son...