Comme c’est étrange ! Chaque période de notre vie politique amène dans ses bagages sa figure emblématique, son prototype de mouton noir, une sorte de farfadet issu en droite ligne du Guinness Book des délits de faciès et servant pour l’essentiel de repoussoir aux diplomates et aux enfants.
Vous aviez aimé Assem Kanso et la frisette de ses narines poilues, Nasser Kandil et ses diplômes bidon, Wi’am Wahhab et ses triglycérides ? Tremblez manants ! Voici venu Ali Ammar, avec son col ouvert, son cactus dru qui lui mange le visage, son langage chargé à la chevrotine.
Contrairement aux piles du même nom, notre ami AA ne s’use pas, même si on l’utilise. D’ailleurs le Hezbollah ne s’en prive pas et à chaque événement le met en situation. Surnommé « Eagle 4 » (« Y gueule fort »), son rôle à lui est de jouer les méchants. Contrairement à son patron, jusque-là partisan de la main tendue, chez lui c’est plutôt la politique du bras tendu. Ce ne sont d’ailleurs pas les occasions qui manquent, et, à chaque rassemblement, notre ami entre en transe, vire au rubicond et perd une occasion de se faire des amis chez les parlementaires du 14 Mars en général et chez leur chef, Saad Barbichu, en particulier.
Pourtant, miracle ! Une fois, il n’y a pas si longtemps, le député avait eu un sursaut d’humanité. C’était quand le parti des mille et une barbes l’avait chargé de draguer Kofi Annan devant la foule en colère dans la banlieue sud. Le brave Kokof allait se faire écharper comme un goret et Ammar pensait qu’en lui roulant un patin, ça calmerait les excités. Un peu comme jadis, dans les tribus primitives, où il suffisait de voir le roi faire risette pour amadouer la piétaille.
À entendre son argumentation sur la question des armes de son parti – en fait, une pâtée remâchée à partir de produits maison recyclés –, on finirait par croire que c’est plutôt au Hezbollah de désarmer la Finul. Sur ce sujet d’ailleurs, comme sur bien d’autres, le sieur Ammar démontre qu’il n’a peur de rien, pas même de faire rire.
Jusque-là, les Libanais étaient coupés en deux. Grâce à lui, les voilà maintenant pliés en quatre.
Gaby NASR
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Vous aviez aimé Assem Kanso et la frisette de ses narines poilues, Nasser Kandil et ses diplômes bidon, Wi’am Wahhab et ses triglycérides ? Tremblez manants ! Voici venu Ali Ammar, avec son col ouvert, son cactus dru qui lui mange le visage, son langage chargé à la chevrotine.
Contrairement aux piles du même nom, notre ami AA ne s’use pas, même si on l’utilise. D’ailleurs le Hezbollah ne s’en prive pas et à chaque événement le met en situation. Surnommé « Eagle 4 » (« Y gueule fort »), son rôle à lui est de jouer...