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Actualités - Analyse

La trêve gouvernementale du ramadan a commencé

Malgré les discours incendiaires qui fusent, de temps à autre, le pays s’engage insensiblement dans une dynamique de trêve. Et ceux qui y œuvrent réellement, ce sont le Premier ministre Fouad Siniora et le président de la Chambre, Nabih Berry. Calme de nature, le Premier ministre, Fouad Siniora, s’efforce de neutraliser les attaques dirigées contre le gouvernement, en avançant l’argument démocratique. Pas de démission du cabinet, affirme-t-il, tant qu’il jouit de la confiance du Parlement. Emboîtant le pas à son allié, le chef de la Rencontre démocratique, Walid Joumblatt, tente aussi de calmer le jeu. Aux députés de son bloc, il a fermement recommandé de ne pas répondre aux diatribes du secrétaire général du Hezbollah. Pour certains, cette politique est la réponse appropriée à un « appel d’offres » lancé par le Hezbollah aux diverses composantes de la majorité, desquelles il escomptait des réactions violentes susceptibles de faire le jeu des radicaux. En lieu de quoi, et bien habilement, les forces de la majorité ont amorti autant que possible ces attaques. Motif : le président de la Chambre, Nabih Berry, est hostile à cette escalade et à un départ du gouvernement et a pris, à cet égard, ses distances du Hezbollah. Comme le patriarche maronite, il redoute en effet que ce départ ne crée un vide constitutionnel. De leur côté, et leurs adversaires le savent bien, les ministres du Hezbollah souhaitent continuer à profiter de leur présence au gouvernement et sont très loin d’envisager, à ce stade, une quelconque démission dont ils seront les seuls à faire les frais. Les forces de la majorité savent aussi que l’idée d’une « démission collective » des 57 députés que comprend la minorité parlementaire est une vue de l’esprit et que, aussi spectaculaire qu’elle puisse paraître, elle n’entraînera pas nécessairement la dissolution du Parlement. Selon, une personnalités politique, aucun texte de loi n’engage le Parlement à ce niveau, et la réponse à une telle démission se limiterait à l’organisation d’élections partielles dont les résultats ne seraient pas nécessairement à l’avantage de la minorité. Un risque que celle-ci ne souhaite pas prendre, d’autant que des sondages laissent deviner des pertes substantielles de popularité de certaines personnalités politiques. Au demeurant, sur base de quelle loi électorale seront donc organisées ces élections partielles ? La loi 2000, décriée par tous, ou la nouvelle loi électorale sur laquelle un débat national est en cours ? Toutes ces considérations laissent penser que le Liban va vers une trêve politique dont l’horizon immédiat serait le mois du jeûne de ramadan et la fête du Fitr, avec, à terme, la possibilité de relancer, après les fêtes, les conférences de dialogue, sous une forme ou une autre, puisque le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ne pourra y assister, pour motif de sécurité. Philippe ABI AKL

Malgré les discours incendiaires qui fusent, de temps à autre, le pays s’engage insensiblement dans une dynamique de trêve. Et ceux qui y œuvrent réellement, ce sont le Premier ministre Fouad Siniora et le président de la Chambre, Nabih Berry.
Calme de nature, le Premier ministre, Fouad Siniora, s’efforce de neutraliser les attaques dirigées contre le gouvernement, en avançant l’argument démocratique. Pas de démission du cabinet, affirme-t-il, tant qu’il jouit de la confiance du Parlement.
Emboîtant le pas à son allié, le chef de la Rencontre démocratique, Walid Joumblatt, tente aussi de calmer le jeu. Aux députés de son bloc, il a fermement recommandé de ne pas répondre aux diatribes du secrétaire général du Hezbollah.
Pour certains, cette politique est la réponse appropriée à un « appel d’offres...