Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Bons baisers de Nice Nous sommes nombreux, Libanais, Français et Franco-Libanais, à suivre comme des fanatiques les nouvelles du pays en particulier et du monde arabe en général. Toutes confessions, toutes conditions confondues, les avis sont partagés. Il nous arrive, chez notre ami Jamal, restaurateur libanais, rue du Congrès – «Ya Habibi» – de débattre de la responsabilité dans tel massacre, de l’avenir du Liban, de la médiocrité de nos chefs; chacun a ses solutions et les clivages communautaires disparaissent dans cette belle ville qui ressemble tant à Beyrouth. Cependant, nous avons tous au moins un point commun : nous n’arrivons pas à pleurer les victimes du 11-Septembre. Pourtant il nous semble que la convenance l’exigerait. Malgré tout, ce fut terrible. On pleure sur tous les enfants d’Irak, du Liban et d’ailleurs, mais pas sur les employés des tours. Pourquoi ? On est tous d’accord pour trouver cette commémoration presque indécente. En revanche, ces gamins qui naissent en Irak sous l’occupation désastreuse de nouveaux barbares ignorants et profanes nous émeuvent davantage. Pourtant aucun d’entre nous n’a d’affection pour Ben Laden ou Saddam Hussein, bien au contraire. Mais on ressent tous une coupable tristesse pour ces enfants en particulier qui vivent une véritable tragédie. Une tragédie est un drame sans issue. Nicolas ZAHAR L’art de perdre le temps Longtemps, j’ai couru comme les autres. Le temps, c’était de l’argent et il ne fallait surtout pas le perdre. Il fallait le remplir utilement, comme un investissement. Je l’ai fait, mais je passais à côté de la vie. À un carrefour de mon parcours, je me suis arrêté. Et j’ai arrêté le temps. Depuis que je meuble ma vie au lieu de remplir mon temps. Je me suis refait. J’ai découvert la vie. La vraie. Celle qui consume pas celle que l’on consomme, j’avais fait mon temps à perdre ma vie. Aujourd’hui, je passe les plus beaux moments de ma vie à perdre mon temps avec mes enfants, avec ma famille. Je m’arrête même parfois pour faire perdre leur temps aux autres. Et souvent, ils apprécient ces instants volés au temps. Depuis que je me suis arrêté dans le temps, je savoure des moments de bonheur à me laisser consumer par ce qui m’entoure, par ce que la vie m’offre, par le bruit du vent, par la gracilité des mains de ma tante ou même par la couleur du ciel. Mais mon ultime moment de bonheur, je le vis le soir à observer mon fils de sept ans dormir. Je laisse traîner ma main dans ses cheveux, j’effleure ses joues, il ébauche un sourire, je ne respire plus. Son sommeil est précieux. Je me retrouve même à goûter au parfum de ses rêves dans sa douce haleine. Jean Claude DELIFER L’autre point de vue Enfin un homme libéré! Après les propos de cheikh Ali el-Amine, mufti de Tyr et de Jabal Amel, les Libanais peuvent reprendre courage et ne plus s’affliger devant les réactions de politiciens soucieux de leurs popularités et du politiquement correct. Pour faire court, analysons les pertes et profits avant de crier victoire. À quoi sert au Hezbollah de gagner Nasrallah s’il vient à perdre le Liban? L’important pour le secrétaire général du parti de Dieu et de ses compagnons est leur propre performance; les autres n’ont qu’à se taire. D’ailleurs lui-même le répète souvent: Qui sommes-nous pour avoir le droit de le critiquer? Quant à ses pseudo-excuses, on aimerait rappeler que sa première déclaration après le déclenchement était : «C’est le jour le plus beau de ma vie, j’ai toujours rêvé d’affronter Israël.» Débarrassons-nous de nos nombreux complexes et phobies de toutes sortes, y compris la sacro-sainte phobie d’Israël, qui ne sert qu’à la survie de certains, et regardons comment faire revivre et faire gagner ce Liban martyr. André INGEA Paris Gagner la paix À peine le bruit des armes a-t-il cessé qu’on lit ici et là des déclarations faisant état de connivence du gouvernement avec l’État israélien, ou encore des appels à la démission du cabinet Siniora. Ainsi, conscient sans doute qu’il n’accédera jamais à la présidence, que son alliance avec le Hezbollah a nui à sa cause, le général Aoun n’a plus que son dépit à vendre, et tant pis pour ce gouvernement qui a réussi à faire adopter la résolution onusienne la moins contraignante pour le pays et qui, surtout, a obtenu la confiance de la communauté internationale. Le Hezbollah, quant à lui, ne veut pas d’un gouvernement fort, en tout cas plus fort que lui, car il veut continuer de faire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. C’est aujourd’hui, à mon humble avis, le moment où jamais de faire disparaître les clivages communautaires, n’en déplaise aux dinosaures de la politique au passé peu glorieux. Il est temps de choisir, amis libanais, ce que vous voulez être et cessez je vous prie de laisser les autres le faire à votre place, car votre avenir se joue maintenant. Ne vous leurrez pas, si vous laissez tomber le gouvernement actuel, ce sera le temps des brutes et le cauchemar reviendra. Peu importe de savoir qui a gagné la guerre, le plus important c’est de gagner la paix. Marc MOUTRON France

Bons baisers de Nice

Nous sommes nombreux, Libanais, Français et Franco-Libanais, à suivre comme des fanatiques les nouvelles du pays en particulier et du monde arabe en général. Toutes confessions, toutes conditions confondues, les avis sont partagés. Il nous arrive, chez notre ami Jamal, restaurateur libanais, rue du Congrès – «Ya Habibi» – de débattre de la responsabilité dans tel massacre, de l’avenir du Liban, de la médiocrité de nos chefs; chacun a ses solutions et les clivages communautaires disparaissent dans cette belle ville qui ressemble tant à Beyrouth. Cependant, nous avons tous au moins un point commun : nous n’arrivons pas à pleurer les victimes du 11-Septembre.
Pourtant il nous semble que la convenance l’exigerait. Malgré tout, ce fut terrible. On pleure sur tous les enfants d’Irak, du...