La corniche du bord de mer à Tyr a pris des allures de kermesse improvisée pour le débarquement samedi sur le littoral des troupes italiennes, porteuses de nouveaux espoirs de paix, selon un reportage de Jihad Siqlaoui, de l’AFP.
La circulation a été bloquée dès l’aube par l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU. Les employés municipaux distribuent de l’eau et des sandwiches aux soldats et aux badauds. Sous les vérandas, des dizaines de femmes et d’enfants agitent des drapeaux italiens et libanais. Et sur les balcons, pavoisés aux couleurs de l’Italie, les commentaires vont bon train.
« J’ai bien peur que le Liban ne soit en train de tomber sous occupation », ronchonne tout de même Oum Hassan Mohsen, la soixantaine, en regardant au large les cinq navires de guerre italiens qui déchargent hommes et matériel.
Mais elle est aussitôt remise en place par sa voisine Randa Husseini, 36 ans, qui a noué un foulard aux couleurs de la République italienne – vert, blanc et rouge – sur la tête de sa petite Maryam pour la protéger du soleil.
« Allons donc, ils viennent nous défendre contre les Israéliens et aider l’armée libanaise à se déployer le long de la frontière », assure-t-elle, confiante que cette nouvelle force de l’ONU sera plus à même de garantir le calme que celle déployée dans cette région troublée depuis près de 30 ans.
« Romeo Golf, ici Foxtrot Charlie », crie un fusilier dans son talkie-walkie pour le tester. Des centaines de soldats, qui devaient débarquer à Tyr, ont été obligés de rester sur leur bateau à cause des vagues.
« La journée est encore longue », affirme le colonel Walter Guerrisi, commandant du régiment d’élite San Marco.
Mahmoud Halaoui, vice-président de la municipalité de Tyr, a pris les choses en main sur le rivage, où se posent les hélicoptères de transport et accostent les véhicules amphibies.
Il est entouré d’une dizaine de policiers municipaux qui participent à l’organisation du déplacement des convois italiens dans la ville portuaire. Et il coordonne la distribution de boissons et de vivres aux soldats libanais et aux Casques bleus du contingent français de la Finul qui sécurisent les axes de mouvement des Italiens.
« Nous avons reçu l’ambassadeur d’Italie, Franco Mistretta, et nous lui avons offert toutes les facilités demandées pour pouvoir débarquer le matériel lourd sur les plages de Tyr, raconte-t-il. Nous avons aménagé une base pour que les hélicoptères puissent se poser. »
À un coin de rue, Salah Sadraoui, 39 ans, propriétaire d’un magasin d’ameublement, attend l’occasion de prendre une photo de sa fille, Elissar, sept ans, avec les soldats italiens. « Je suis persuadé qu’ils comprennent les traditions des habitants du Sud. C’est important parce qu’ils vont être en contact direct avec nous, après tout, c’est un peuple méditerranéen. »
Ali Badaoui, un ingénieur, ne cache pas sa satisfaction. « La présence des soldats italiens donne un sentiment de quiétude aux habitants du Sud, surtout s’ils se déploient à la frontière avec Israël. » « Avec plus de 8 000 Européens au sein de la nouvelle Finul, nous nous sentirons en confiance », ajoute-t-il, en évoquant déjà les retombées économiques que la présence d’une force de l’ONU pourrait avoir dans la région.
Il faudra deux jours, selon les militaires italiens, pour que le débarquement des commandos italiens soit achevé. Puis les troupes de l’opération Leonte (du nom du Litani) se déploieront à l’est de Tyr. Il leur faudra alors démontrer que le soulagement qui a accompagné leur arrivée à Tyr était justifié.
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La circulation a été bloquée dès l’aube par l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU. Les employés municipaux distribuent de l’eau et des sandwiches aux soldats et aux badauds. Sous les vérandas, des dizaines de femmes et d’enfants agitent des drapeaux italiens et libanais. Et sur les balcons, pavoisés aux couleurs de l’Italie, les commentaires vont bon train.
« J’ai bien peur que le Liban ne soit en train de tomber sous occupation », ronchonne tout de même Oum Hassan Mohsen, la soixantaine, en regardant au large les cinq navires de guerre italiens qui déchargent hommes et...