Le grand succès remporté par le Liban à la conférence de Stockholm, qui lui a accordé 940 millions $ pour parer aux besoins immédiats de sa reconstruction, soit le double du montant convoité par le gouvernement, n’a pas pu avoir d’effet sur la Bourse de Beyrouth à la fin de la semaine. Cela d’autant que le marché venait d’apprendre hier que le secrétaire général de l’ONU aurait obtenu du président syrien l’assurance qu’il contribuerait à l’application de la résolution 1701 et aux efforts contre le trafic d’armes vers le Liban. Selon les milieux boursiers, les opérateurs ne seront rassurés qu’après la levée du blocus israélien imposé au Liban, au moins partiellement, avec le déploiement progressif des forces internationales sur les territoires libanais évacués par l’État hébreu.
Dans cette attente, les principales valeurs cotées ont continué d’évoluer étroitement à la baisse, reflétant la prudence des opérateurs qui n’ont pas beaucoup de goût du risque en ce moment, malgré les perspectives encourageantes de plusieurs sociétés. En effet, Solidere a continué de battre en retraite. Les actions A de cette société sont retombées de 18,79 $ à 18,70 $ (-0,47 %), et celles de la catégorie B de 18,86 $ à 18,74 $ (-0,63 %).
Les valeurs bancaires ont été également malmenées dans leur majorité. À l’exception des actions ordinaires de la Byblos Bank, qui ont progressé de 1,98 $ à 1,99 $ (+0,50 %), les actions prioritaires de cette même banque ont reculé de 1,96 $ à 1,95 $ (-0,51 %), ainsi que celles de la BLC Bank de 10,26 $ à 10 $ (-2,53 %) et les certificats GDR de la Bank Audi de 61,95 $ à 61,70 $ (-0,40 %).
Sur le restant de la cote, le cimentier Holcim s’est distingué par une hausse de 1,20 % à 2,53 $ contre 2,50 $ la veille.
Cela étant, l’indice BLOM des valeurs libanaises a reperdu 3,01 points ou 0,22 % à 1361,06 points, mais dans des échanges toujours maigres. C’est ainsi qu’on a relevé la négociation de 86 674 titres d’une valeur de 1 324 661 $, dont 65 650 actions A et B de Solidere d’une valeur de 1 226 331 $, contre 157 235 titres d’une valeur de 2 000 035 $, dont 96 252 actions A et B de Solidere d’une valeur de 1 810 211 $, la veille.
Sur le marché libanais des changes, les offres et les demandes du dollar se sont équilibrées à la veille du week-end, sans aucune intervention de la Banque du Liban à l’achat comme à la vente. Le billet vert s’est, en effet, négocié dans les échanges interbancaires dans une marge étroite entre 1 512 et 1 513 LL, et souvent à un point d’ancrage à 1 512,75 LL.
Les bons chiffres du chômage US ont soutenu
les Bourses, mais le dollar est resté vulnérable
Les Bourses étrangères, sous la conduite de Wall Street, ont terminé la semaine en hausse, sur fond de statistiques américaines et européennes plutôt favorables. Les indices boursiers sont montés en fin de journée dans la foulée d’un bon rapport mensuel sur le chômage aux États-Unis en août (voir par ailleurs) et d’une révision à la hausse de l’indice de confiance des consommateurs américains, établi par l’Université du Michigan (à 82 points au lieu de 78,7 points en août). Plus tôt dans la journée, les opérateurs sur les places européennes avaient également bien accueilli la révision en hausse de la croissance de la zone euro aux premier et deuxième trimestres 2006 selon les estimations d’Eurostat.
Sur les marchés internationaux des changes, le dollar n’a pas pu mettre durablement à profit les bons chiffres de l’emploi américain en août, l’euro étant parvenu à récupérer le terrain cédé dans la foulée de la publication de ce rapport. Ce sont les données sur les salaires qui n’ont pas plu aux opérateurs, le salaire horaire moyen ayant progressé de seulement 0,1 % à 16,70 $ au lieu de 0,3 % attendu par les analystes. Ce développement, qui réduit les risques d’inflation et donc d’un nouveau relèvement du principal taux directeur de la Fed à plus de 5,25 % actuellement, a un peu pesé sur le dollar.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats