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Actualités - Opinion

Entre la paix et la guerre

Des enjeux israéliens internes seraient à l’origine de la non-application de la résolution 1701 par le gouvernement d’Ehud Olmert et la poursuite du blocus imposé au Liban, estiment des milieux diplomatiques occidentaux à Beyrouth. L’apparente intransigeance israélienne aurait pour but de renflouer le gouvernement, dont la popularité est en baisse, en raison de ce qu’il est convenu d’appeler les « ratés » de la guerre de juillet-août. La chute de roquettes et de fusées par dizaines sur les villes du Nord israélien, après les neuf fusées seulement de la guerre irakienne, ont également monté l’opinion contre un gouvernement pris au dépourvu par la capacité militaire du Hezbollah et dont l’imprévoyance a éclaté au grand jour. Menacé sur sa droite par Benjamin Netanyahu, le gouvernement d’Ehud Olmert doit, à tout prix, et avec le plein appui des États-Unis, faire bonne figure sur le plan politique, pour faire échec aux ultras de la droite nationaliste. Aux dernières nouvelles, et sur foi de ce qu’affirme Condoleezza Rice, la levée du blocus israélien, liée tantôt à une présence en nombre suffisant des soldats de la Finul, tantôt aux conditions d’échange des prisonniers posées par Israël, semble en bonne voie. C’est ce que la secrétaire d’État américain aurait annoncé au Premier ministre, avec lequel elle s’est entretenue au téléphone, à Stockholm. Selon certaines sources, cette levée serait pour la fin de la semaine prochaine, soit le 10 septembre. L’assurance de Condie s’expliquerait, en partie, par l’excellente impression que les mesures de sécurité prises par le Liban auraient faites sur le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui en a informé aussi bien les dirigeants israéliens que Washington. Au demeurant, le secrétaire général, qui se trouvait hier à Damas, ne manquera certainement pas de soulever l’urgence de l’arrêt des transferts d’armements au Hezbollah, par la Syrie. Un transfert contre lequel a déjà mis en garde le Premier ministre italien, Romano Prodi, dont le pays doit bientôt assumer la présidence de la Finul. Selon la source diplomatique occidentale citée plus haut, Israël va mettre en application sa part de la 1701 par étapes. Le 10 septembre, soit un jour avant la publication par Kofi Annan de son premier rapport mensuel sur l’application de la résolution 1701, Israël lèvera le blocus de l’aéroport et des ports. Suivra, en un deuxième temps, le blocus terrestre. Les prisonniers Des surprises de dernière minute ne sont pas exclues, pourtant, du fait qu’Israël semble aussi lier la levée du blocus à un échange de prisonniers. Là aussi, des enjeux de politique interne entrent en ligne de compte. Israël cherche à obtenir que le retour de ses deux soldats enlevés le 12 juillet par le Hezbollah ait toutes les apparences d’une libération inconditionnelle. C’est la raison pour laquelle l’État hébreu insiste pour qu’ils soient livrés par le Hezbollah au gouvernement libanais, puis qu’ils lui soient remis. On travaillerait, dans ce domaine, sur un processus de libération simultanée des prisonniers, plutôt que d’un échange, avec les difficultés qu’on imagine, compte tenu des enjeux d’une part, et d’autre part de l’absence totale de confiance entre Israël et le Hezbollah. Pour sa part, le Hezbollah s’obstine à exiger un échange indirect des prisonniers, par le biais d’un intermédiaire neutre. Un rôle que l’Italie et l’Allemagne auraient décidé de refuser. En outre, ce dossier pourrait se compliquer encore plus, avec la diffusion par la LBC d’un documentaire sur le navigateur israélien Ron Arad, dont l’avion a été abattu au-dessus du Liban en 1985 et resté introuvable depuis. Ce suspense, habilement exploité par le Hezbollah, pourrait contraindre Israël à des concessions concernant l’échange des prisonniers, mais il pourrait aussi reculer la date de la levée du blocus du Liban par Israël. En tout état de cause, une chose semble acquise : il n’y aura pas de retour à la guerre et les résultats du conflit qui a ravagé le pays se limiteront au domaine politique, aussi bien en Israël, d’ailleurs, qu’au Liban. Chez nous, le seul développement que l’on pourrait craindre serait une espèce de coup de force des ministres chiites qui les conduirait à se retirer du gouvernement, pour réclamer la formation d’un gouvernement d’union nationale. Or il est désormais acquis qu’une telle initiative serait, en fait, un coup de force non pas contre le gouvernement, mais contre la démocratie, puisqu’il torpillerait un gouvernement jouissant de la confiance de la Chambre au profit d’un gouvernement où les ministres prosyriens disposeraient d’une minorité de blocage. En tout état de cause, il faudra continuer d’observer de près les positions que pourrait prendre le secrétaire général du Hezbollah, dont le récent et candide aveu d’imprévoyance a été interprété positivement par les observateurs politiques comme une assurance que l’agenda mis en œuvre par le parti islamiste était bien « libanais » et non « iranien ». Mais il faudra des choses bien plus concrètes, bien moins ambiguës, pour convaincre le gouvernement et la communauté internationale que le parti de Hassan Nasrallah a décidé de renoncer aux armes. Mais si vraiment cette option est prise, la guerre que nous venons de vivre pourrait bien être « la dernière » et annoncer une véritable paix. Sinon… Philippe ABI AKL
Des enjeux israéliens internes seraient à l’origine de la non-application de la résolution 1701 par le gouvernement d’Ehud Olmert et la poursuite du blocus imposé au Liban, estiment des milieux diplomatiques occidentaux à Beyrouth. L’apparente intransigeance israélienne aurait pour but de renflouer le gouvernement, dont la popularité est en baisse, en raison de ce qu’il est convenu d’appeler les « ratés » de la guerre de juillet-août. La chute de roquettes et de fusées par dizaines sur les villes du Nord israélien, après les neuf fusées seulement de la guerre irakienne, ont également monté l’opinion contre un gouvernement pris au dépourvu par la capacité militaire du Hezbollah et dont l’imprévoyance a éclaté au grand jour. Menacé sur sa droite par Benjamin Netanyahu, le gouvernement d’Ehud Olmert...