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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

À mon frère hezbollahi J’habite Achrafieh, tu habites « Dahié ». Je regarde les nouvelles sur la LBCI, tu zappes entre al-Jazira et al-Manar. Je surf sur le Net, tu mets sur écoute l’ennemi. Je sirote mon Starbucks, tu bois ton thé près des souterrains où se cachent les katiouchas. Je fais mon jogging, tu apprends à manier les armes. Je sors prendre un verre, tu scrutes les mouvements des troupes à la frontière sud. J’écoute le dernier tube d’Élissa, tu fredonnes des chants révolutionnaires. Et pourtant, c’est le même Liban qui coule dans nos veines. Je t’admire et tire mon chapeau à ta bravoure et ton courage. Je t’en veux pour ces 33 couchers de soleil gâchés, pour ces larmes versées, pour ces blessures qui laisseront des cicatrices à jamais, pour ce sang qui a coulé, arrosant une fois de plus notre cèdre–unique ! pour notre pays qui n’en peut plus de voir tomber ses fils en martyrs. Aujourd’hui, mon frère, je t´admire, mais je t’en veux ! Shérif AOUN Dur, dur... Elle est terminée, la guerre. Mais elle a été difficile pour la plupart des Libanais. J’ai vécu cette période dans mon village natal de la Békaa, un village mixte. Difficile, non seulement à cause des multiples nuits où nous n’osions pas dormir de peur de nous réveiller en sursaut, ou bien la nuit où les avions israéliens ont visé un petit pont tout près de nous. Nous nous attendions au moins à cela de la part de l’ennemi. Nous attendions même plus, un des principaux responsables du Hezb habitant notre quartier (bien qu’il ait quitté sa demeure dès le début de la guerre). Mais les difficultés dont je désire parler sont d’un tout autre genre. Je suis laïque. Les gens de mon quartier ne le sont pas. Pour moi, la guerre était entre le Liban et Israël. Je ne pouvais être que pour le Liban. Le Hezbollah fait partie du Liban. Ses combattants sont des Libanais. Dur d’être laïque au Liban ! Je ne suis pas prosyrienne. Je ne l’ai jamais été. Encore moins pro-iranienne. Le fameux 14 mars, j’étais là, place des Martyrs. Non pour applaudir les «héros» qui se sont succédé à la tribune pour raconter les sornettes qu’ils répétaient chaque soir à la télé, mais parce que j’étais contre la tutelle syrienne. Je ne suis pas non plus proaméricaine. Je déteste la politique des USA qui, au nom de la démocratie ou de la guerre contre le terrorisme, ont semé la désolation dans toute une région. Nous ne sommes pas des terroristes. Le gouvernement Siniora a fait un très grand travail. Dur, très dur de voir son pays occupé par l’ennemi. Plus dur encore de voir les grandes réalisations de l’après-guerre tomber l’une après l’autre. Et l’homme a pleuré... On a pleuré avec lui. On l’a admiré. D’autres l’ont critiqué (comme cette sorcière de Tzipi Livni...). Moi, j’ai regardé. Je me suis posé des questions différentes. Cet homme, qui a pu gagner la compassion de la plupart des Libanais et des étrangers, que fera-t-il une fois les travaux de construction entamés? Je n’ai pas oublié les quarante milliards de dettes qui ne sont pas venus seuls. M. Siniora sera-t-il capable de faire preuve de transparence monétaire?... Christy ABOU FARAH
À mon frère hezbollahi

J’habite Achrafieh, tu habites « Dahié ».
Je regarde les nouvelles sur la LBCI, tu zappes entre al-Jazira et al-Manar.
Je surf sur le Net, tu mets sur écoute l’ennemi.
Je sirote mon Starbucks, tu bois ton thé près des souterrains où se cachent les katiouchas.
Je fais mon jogging, tu apprends à manier les armes.
Je sors prendre un verre, tu scrutes les mouvements des troupes à la frontière sud.
J’écoute le dernier tube d’Élissa, tu fredonnes des chants révolutionnaires.
Et pourtant, c’est le même Liban qui coule dans nos veines.
Je t’admire et tire mon chapeau à ta bravoure et ton courage.
Je t’en veux pour ces 33 couchers de soleil gâchés,
pour ces larmes versées,
pour ces blessures qui laisseront des cicatrices à jamais,
pour ce sang qui a coulé, arrosant...