Malgré la fin des hostilités, les combattants du Hezbollah restent très présents dans le Sud, surtout aux avant-postes, dans les villages désertés à la frontière d’Israël. Ils constituent, selon un reportage AFP d’Anne Chaon, la principale présence humaine visible.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 14 août, les combattants circulent dans les localités frontalières, en civil et sans armes apparentes. C’est uniquement le talkie-walkie à la ceinture qui trahit leur appartenance au Hezb. Ils restent postés au détour des chemins ou sillonnent les routes en surveillant les dernières positions de l’armée israélienne en territoire libanais qui se dressent au loin.
Entassés à cinq par voiture, des Mercedes et des Volvo le plus souvent, ou juchés à deux par scooter, les hommes du Hezb traversent des villages aux portes et aux volets clos, le drapeau du parti flottant parfois à l’arrière du porte-bagage, souligne l’AFP.
Les bannières du Hezb flottent aussi sur les ruines et à l’entrée des villages et revendiquent « la victoire du sang » sur le voisin honni. De nombreux drapeaux neufs ont été accrochés récemment, ce qui prouve « qu’ils sont là pour rester, ils ne vont pas lâcher », témoigne Boulos, un père de famille originaire d’Aïn Ebel.
À Houla, Bilal Kotesh, 22 ans, arrivé en mobylette, l’antenne du talkie-walkie émergeant de son tee-shirt rouge, désigne volontiers les deux chars postés en surplomb du village et appartenant à l’armée israélienne. Bilal est venu se joindre à la conversation de trois adolescents avec l’AFP. Les trois garçons, qui exprimaient leur souhait de gagner l’Europe, se retranchent dans le silence.
« On pourrait les avoir facilement, mais on ne bouge pas et eux non plus : ils ont peur des roquettes. Si on nous les retire, qui protégera les gens ? » s’interroge Bilal, à propos de la résolution 1701 de l’ONU.
D’autre part, outre son rôle autoassigné de vigie, le Hezbollah s’active aussi sur le terrain humanitaire. Il prend ainsi en charge les funérailles de ses combattants tombés au combat, rendant hommage à chacun d’eux en de longs convois pavoisés, accompagnés de haut-parleur hurlant des chants guerriers à leur gloire.
Prouesse d’organisation
Le parti contrôle ainsi une soixantaine des municipalités du Sud, notamment dans les zones les plus sinistrées, et apporte son soutien là où la vie tente de reprendre dans les décombres des maisons bombardées, par le biais de son association de bienfaisance, Jihad al-Bina. Cette association a en effet rapidement proposé ses services, dès le premier jour de trêve, offrant d’évaluer les dégâts dans les habitations et les pertes dans les champs. Elle dépêche aussi des bulldozers pour dégager les décombres et distribue une première aide de 12 000 dollars aux familles désormais sans abri pour leur permettre de se reloger pendant un an. Près de 180 millions de dollars auront donc été déboursés par le parti en quelques jours, si l’on compte les quelque 15 000 familles, désormais sans foyer, recensées par le Hezb. Mardi, l’association a aussi demandé aux victimes de constituer un dossier complet, photos à l’appui et certifié par un document de leur maire, afin d’obtenir des compensations.
Par ailleurs, le Premier ministre, Fouad Siniora, a relevé hier que l’aide aux sinistrés, notamment financière du Hezb, constituait un « palliatif ». M. Siniora a de plus assuré que l’État assumerait le rôle essentiel de la reconstruction, invitant à son tour tous les Libanais à lui présenter des dossiers.
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Depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 14 août, les combattants circulent dans les localités frontalières, en civil et sans armes apparentes. C’est uniquement le talkie-walkie à la ceinture qui trahit leur appartenance au Hezb. Ils restent postés au détour des chemins ou sillonnent les routes en surveillant les dernières positions de l’armée israélienne en territoire libanais qui se dressent au loin.
Entassés à cinq par voiture, des Mercedes et des Volvo le plus souvent, ou juchés à deux par scooter, les hommes du Hezb traversent des...