En ce premier dimanche d’après-guerre, les paroissiens de Debel se sont serrés dans la minuscule chapelle Saint-Georges, dévastée par les bombardements israéliens. La foule déborde sur le parvis pour suivre le sermon du père Youssef Naddaf. En contrebas, à l’entrée du village, le clocher en tuiles rouges de l’église est mité par les impacts, deux énormes trous d’obus percent la façade. La déflagration a fait voler les bancs et le tapis rouge au pied de l’autel, éclaté toutes les vitres et nimbé de poussière grise l’ensemble de l’édifice.
Selon le père Naddaf, il y a eu trois morts et 14 blessés dont huit enfants, dans le bombardement du 11 août. « Ils se sont acharnés contre nous. Pourtant, nous avons vécu vingt ans avec eux et nous avons eu 80 tués », s’indigne, au sortir de la messe, Khalif Nassif, faisant allusion aux miliciens de l’Armée du Liban-Sud. Cette fois encore, quelques centaines de soldats israéliens ont élu domicile dans les maisons du village pendant une quinzaine de jours.
« Ils étaient très polis, ils partaient la journée et revenaient dormir. Ils nous ont même ravitaillés et ont apporté de l’eau », confie un homme, remarquant que les déplacés ne sont pas encore réinstallés. « Ils reviennent puis repartent à Beyrouth, ajoute-t-il. Il n’y a ici ni eau ni électricité, et la récolte de tabac est brûlée. »
« Nous sommes avant tout Libanais, on n’a pas de problèmes avec Israël et rien à voir avec le Hezbollah », insiste M. Nassif.
Après la messe, une vingtaine de proches et d’amis prennent le café sur la terrasse de Boulos, blessé aux jambes le 11 août. Personne ne comprend pourquoi les Israéliens ont visé Debel et la colère est manifeste.
Le débat s’anime entre ceux qui soutiennent que le Hezbollah était installé hors du village, dans les collines en surplomb d’où il visait les positions israéliennes, et de rares voix qui insistent pour situer ses combattants dans les rues. Une femme, soutenue par d’autres, assure que les soldats israéliens se sont très mal conduits dans les maisons : « Ils ont même uriné dans les lits. »
S’exprime surtout en filigrane la peur d’en dire trop. Les Israéliens ont quitté le secteur depuis une semaine, mais le Hezbollah est partout dans les villages voisins.
Pris entre deux feux, les chrétiens de Debel ne savent pas encore qui a gagné la guerre – « certainement pas le Liban », estime Hana –, mais s’accordent en tout cas pour déplorer leur isolement et l’inconfort de leur situation.
En ce premier dimanche d’après-guerre, les paroissiens de Debel se sont serrés dans la minuscule chapelle Saint-Georges, dévastée par les bombardements israéliens. La foule déborde sur le parvis pour suivre le sermon du père Youssef Naddaf. En contrebas, à l’entrée du village, le clocher en tuiles rouges de l’église est mité par les impacts, deux énormes trous d’obus percent la façade. La déflagration a fait voler les bancs et le tapis rouge au pied de l’autel, éclaté toutes les vitres et nimbé de poussière grise l’ensemble de l’édifice.
Selon le père Naddaf, il y a eu trois morts et 14 blessés dont huit enfants, dans le bombardement du 11 août. « Ils se sont acharnés contre nous. Pourtant, nous avons vécu vingt ans avec eux et nous avons eu 80 tués », s’indigne, au sortir de la messe, Khalif...
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